Genèse, caractéristiques, évolution et perspectives du « Hirak » algérien Par Boumediene Lechlech

Préambule:

Dans cette modeste contribution, sur la base d’une tentative d’approche marxiste-léniniste(1) de l’histoire immédiate, sur le « Hirak » ou soulèvement populaire, je  m’appuierai sur une reconstitution chronologique approximative des divers faits marquants amassés dans les sources journalistiques et orales de première main, en plus de certains échanges avec des camarades et ami(e)s, d’internet (avec la nécessaire prudence exigée à cause de la propagande perfide – fake news – des protagonistes), et de l’observation directe de l’événement à Oran pendant plusieurs semaines et Alger pendant le 8 novembre 2019 et les 21 /22 février 2020. N’ayant pas accès aux sources policières et autres archives publiques des services de renseignements, importantes pour confronter les diverses données, et suffisamment de recul, je considère livrer ici une brève analyse préliminaire sur le déroulement enchainé et apparent des séquences de cet événement historique qui nécessite d’être approfondie à l’avenir lorsque toutes les faces cachées seront plus visibles aux chercheurs. La prudence et le doute s’imposent encore plus dans ce cas.

En 2014 j’avais souligné, dans une contribution politique sur les instruments politiques de la révolution, le rôle primordiale du ‘’… mouvement des masses populaires que rien  ne  remplacera,  pas   même  les  trois  instruments  politiques nécessaires réunis ensemble…’’.(2) En faisant allusion au parti d’avant-garde de la classe ouvrière et ses cadres d’alliance impératifs durant cette étape.

D’une petite étude historique critique consacrée aux manifestations populaires de décembre 1960, en 2011, j’extrais de la première note la remarque suivante:

‘’L’auteur n’est pas  partisan  de  la conception policière de l’histoire qu’il trouve même dangereuse, mais pense qu’à  chaque facteur il faut donner sa juste proportion. Le pouvoir d’Etat politique  depuis la nuit des temps use de  services spéciaux  dont  l’action  en  progrès constant  est  secrète et  déroutante , et  mérite l’attention  de  l’historien comme  toute  autre  forme d’action de masse , médiatique , diplomatique , militaire , politique … Et  c’est  la sous-estimation de l’étude  de  l’histoire de  la fonction  secrète qui  serait étonnante  pour  la compréhension globale  du  passé , en éclairant  au  maximum ses multiples énigmes et  sa  face  cachée . C’est  tout  l’art  du métier  d’historien qui  doit  bannir  « la  théorie  ou  plutôt   le  mythe  du complot  »   sans  négliger l’étude scientifique de « l’iceberg de l’histoire » qui  relève des  méthodes du monde de  l’espionnage et  du  contre-espionnage , des hommes de l’ombre comme on dit dans leur propre jargon.’’ (3)

J’ai déjà fait une contribution succincte sur le « Hirak » en septembre 2019, sous forme d’analyse de la situation politique nationale(4) et un texte de projet de déclaration de principe à la veille du 1er novembre 2019 qui caractérise la phase que traverse l’Algérie de façon condensée et détermine les  orientations  générales  d’une  ligne de conduite comme alternative propice à débattre. C’était  à la  veille du  scrutin  des présidentielles du 12 décembre 2019, pour lequel avec un groupe informel de camarades  de  l’ex-P.A.G.S., nous  avons   appelé   à  y  participer  tactiquement  par  un bulletin  nul,(5)  alors  que  jusque-là, on  avait  toujours  boycotté  toutes  les  élections durant le long règne du président coopté et imposé à notre peuple et qui lui promit démagogiquement au début, la dignité «  العـزة و  الكـرامة» mais en finalité, lui servit par le stratagème de la ruse politicienne l’avilissement et le mépris.

Dés le début du « Hirak », j’ai fait circuler l’information d’un politologue iranien de source des renseignements de son pays, qui signalera dans le journal libanais El Akhbar en arabe, le déploiement de forces opérationnelles aux diverses frontières de l’Algérie dans des bases occidentales (U.S.A., France, Israël) pour guetter l’évolution de la situation du mouvement populaire. Cette  information  sera très vite reprise par la presse algérienne écrite et électronique. (6)

  1-Genèse du « Hirak »

Le dit « Hirak » algérien s’était déclenché progressivement sous forme de contre-manifestations, dans un mouvement ascendant, en réaction et rétroaction aux multiples   regroupements   initiés   par  l’alliance  bouteflikienne  au  pouvoir, dans  le cadre des présidentielles d’avril 2019 autour d’un «portrait» d’une semi-momie. Il a eu comme facteur déclenchant principal, l’annonce du 5éme mandat vécue par le peuple algérien comme une humiliation et une remise en cause du caractère républicain de son Etat-National, acquis de la guerre d’indépendance nationale, avec le soutien extérieur des pays qui ont parrainé  depuis 1999  l’accession au pouvoir  du despote Abdelaziz Bouteflika, France-U.S.A.-E.A.U. et paradoxalement, l’opposition de l’Etat profond qui l’avait intronisé au début et soutenu pendant les trois premiers mandats, en modifiant la constitution sur le nombre des mandats présidentiels. La police politique dirigée par le général-major Mohamed Mediène dit Toufik – dont l’hégémonie planait sur les deux autres pôles du pouvoir (Présidence et Etat-major) depuis 1992 – n’ayant pas réussi à surseoir au 4éme mandat, avait perdu sa prééminence au profit de l’Etat-major de l’A.N.P. dirigé par le défunt général-major Ahmed Gaïd Salah depuis 2013, tout en gardant une forte influence sur la société civile et l’appareil d’Etat à travers la toile tissée de ses réseaux d’auxiliaires qui n’épargna aucune sphère avec toutes ses ramifications tentaculaires.(7) Cette rivalité chronique trouve ses profondes racines historiques dans le conflit permanent entre maquisards et D.A.F.(8) surtout à partir de la création de l’E.M.G. unifié en 1960 au sein de l’A.L.N. sous la direction du défunt colonel Houari Boumediene, transposé dans l’A.N.P. après l’indépendance en 1962 et se cristallisant pendant les crises successives  dans  les  luttes  autour  du  pouvoir  disputé   par  les multiples   franges de  la  petite bourgeoisie qui en avait l’hégémonie ; ensuite celles de la bourgeoisie conquérante des hautes sphères de ses arcanes depuis l’ère de l’infitah libéral de 1981 qui fortifia progressivement sa domination sur les rouages de l’économie.(9)

Tous les indices démontrent que ce sont les mêmes réseaux agissant timidement contre le 4éme mandat, qui s’étaient redéployés dans une offensive acharnée  contre le 5éme et cette fois-ci avaient leur propre candidat sosie en la personne du général Ali Guediri, même si l’appel à manifester le vendredi 22 février 2019 demeura anonyme. Ils constituaient la principale force politique avec leurs relais dans les partis de toutes obédiences, les associations, les syndicats, les médias, les appareils de l’Etat, les assemblées, les centres de recherche, les ‘’réseaux sociaux’’ (facebook et Youtube)…animés par les dhoubabs (trolls) et des agitateurs-propagandistes et manipulateurs professionnels  (Bensedira, Rahmani, Derradji…)(10) voire  anonymes  et  un  éclaireur-voltigeur  politique, déguisé  en  faux-candidat  qui  sillonna  le  territoire  national  de  bout  en  bout, chauffant  les  esprits  des  jeunes algériens, soulevant ‘’la populace’’ contre la mascarade électorale par une pré-campagne sous forme de contre-mascarade. Il s’était déjà illustré comme candidat en 2014 en Algérie et même en France auparavant, en l’occurrence Rachid Nekkaz, un B.H.L. franco-algérien, capitalisant une expérience appréciable dans la stratégie et les techniques de manipulation des foules et ayant à sa disposition une manne financière inépuisable le dotant d’un don d’ubiquité qui lui permit de narguer partout l’équipe de l’homme figé au fauteuil roulant, y compris en Suisse où il a été évacué pour le rendre plus présentable, au moment opportun du scrutin explosif.(11)

Il est vrai que d’autres forces politiques se sont aussi préparées contre le 5éme mandat, gravitant autour de la nébuleuse islamiste à travers la chaine T.V. d’El- Magharibia et les ‘’lives’’ des leaders de Rachad, le mouvement berbériste et la chaîne berbère T.V., la social-démocratie avec toutes ses variantes dont le trotskysme, l’opposition libérale… et avaient décidé de s’engager dans la bataille des élections présidentielles. Le candidat de l’Etat profond s’était même distingué des autres, acceptant de défier Abdelaziz Bouteflika en le concurrençant !(12)

Avec le recul, on peut déduire que l’appel à manifester le 22 février  provient  des réseaux de  l’ex-D.R.S., mais  le  grandiose  torrent des  masses  populaires déferlant partout les grandes artères des villes et surtout de la capitale, avait dépassé tous leurs  calculs  et  prévisions.(13) Comme  en décembre 1960, les  contre-manifestations  populaires initiées secrètement par les réseaux gaullistes de ‘’l’Algérie algérienne’’ -dirigés par le colonel François Coulet, directeur des affaires politiques – en réaction aux manifestations des partisans de ‘’l’Algérie française’’ et ‘’récupérées’’ par le F.L.N.-A.L.N., avec le mot d’ordre ‘’d’Algérie musulmane et indépendante’’(14), le « Hirak », surprenant dans un premier temps l’Etat-major de l’A.N.P., sera vite ‘’récupéré’’ par ce dernier avec le mot d’ordre « Djeïch Chaâb khawa khawa », contre le 5éme mandat et le prolongement du 4éme etc. L’intervention massive de la  classe  ouvrière, en  amont  du  « Hirak » dans  tous  les secteurs de l’économie nationale, surtout le mois de mars de l’année 2019, pesa de tout son poids sur celle de l’A.N.P. et avait été déterminante(15) pour faire avorter le projet du 5éme mandat, grâce au rapport des forces sociopolitique  résultant  de  l’affrontement  de  classe, masqué  et  déformé  pour la perception consciente  par  le  tiraillement  entre  clans, au  moment  culminant  du mouvement, confirmant le rôle principal des masses populaires dans la marche et le façonnement objectif de l’histoire…(16) en amorçant l’issue à la crise  politique  et institutionnelle d’un régime aux  abois.

2-Principales caractéristiques du « Hirak »  

Ce grandiose sursaut populaire patriotique à caractère national, anti-néocolonial, anti-impérialiste, antisioniste(17)massif mais hétérogène et interclassiste à dominance juvénile  mixte  et pacifique – dans sa première phase – qui se propagea dans  tous les recoins urbains du pays, l’émigration et parmi la diaspora, peu  à peu se  fraya sa voie en s’autonomisant relativement par rapport aux douteux  initiateurs  et  marginalisa les prétendus leaders politiques, y compris  les  postulants  au  trône  d’El Mouradia, qui s’étaient compromis avec le pouvoir, prenant le train en marche et tentant vainement de le récupérer.(18) Il préserva sa force de frappe grâce à son unité autour de l’objectif commun et consensuel principal pour faire déguerpir le noyau dur de l’alliance présidentielle constitué autour du dauphin Saïd Bouteflika, qui en fait usurpait la fonction de son frère aîné depuis son handicap.(19) Mais ce dernier manœuvra jusqu’à la fin, en résistant de toute son énergie dans sa lente  agonie, modifiant sa tactique d’alliance en renouant avec l’ex-chef du D.R.S. et appelant  à la rescousse l’assistance directe de l’Etat néocolonial (la France) à travers son ambassade et la D.G.S.E. qui l’avait soutenu jusqu’au bout.(20) Il était déterminé à s’accrocher à tout prix au pouvoir en faisant certaines concessions aux adversaires, même en recourant à la répression féroce par tous les moyens, en fomentant des troubles entre les manifestants et les forces de maintien de l’ordre, tentant de provoquer un bain de sang(21) et par conséquent une situation idoine à l’intervention étrangère impérialiste qui guette le moment propice.

L’enjeu politique capital de préserver un pôle important du pouvoir – la présidence – après avoir amassé une grosse fortune, formé un système clientéliste interne basé sur la redistribution calculée de la rente et l’idéologie du soufisme transformée en maraboutisme charlatanesque,(22) entretenir des soutiens internationaux auprès des multinationales, et les grandes puissances capitalistes(U.S.A., France…), en dilapidant l’argent public, institutionnalisant la corruption, en vilipendant son peuple laborieux et le prenant en otage par toutes sortes de subterfuges.(23) Tout cela démontre l’étroitesse de vue d’un segment de l’oligarchie capitaliste financière et compradore montante qui par égoïsme et avidité n’ayant pas pris conscience pour soi à temps, qu’elle courut le risque de tout faire perdre à l’ensemble de sa classe sociale, en étant encore au  stade  d’une  conscience en soi(24). L’irruption soudaine  du « Hirak » n’est pas due à la puissance de la classe ouvrière et à ses organisations  syndicales  et politiques, qui ne sont nullement derrière son déclenchement en tant qu’initiateurs, mais à la discorde des représentants de diverses fractions de la classe bourgeoise qui n’ont pu s’accorder sur un candidat commun pour prendre le relai d’Abdelaziz Bouteflika sur la base d’un consensus politique.(25)

Mais les causes profondes, qui ont fait que les masses populaires ont rejoint l’action de la revendication du rejet du 5éme mandat au fur et à mesure en participant  aux marches  unitaires  et  intergénérationnelles  urbaines,  ensuite  par  un  mouvement gréviste   de   la   classe   ouvrière    qui   paralysa   toute   l’économie   nationale   en   s’étendant  même  aux  hydrocarbures (26) –  plus   efficace  quant  à  son  effet  sur  la  décision  des  centres  du pouvoir, sont matérielles et à caractère socioéconomique d’abord  engendrées  par  la  voie libérale  suivie  depuis  1981, approfondie  ensuite en 1994, par l’injonction du F.M.I. et de  la  Banque  Mondiale  et aggravée par les mesures du pouvoir partagé toufiko-bouteflikien jusqu’en 2014 – contrairement aux racontars actuels des idéologues dirigeants les partis du libéralisme (laïcs et islamistes), de la social-démocratie (dont la variante trotskyste) et les falsifications des analystes de tout acabit. Ce choix a eu des conséquences néfastes sur la vie de la majorité des algériens (précarité et chômage, misère, difficultés de se soigner, de trouver un toit, inflation, inégalités, ‘’Harga’’, mendicité et même faire les poubelles…), en plus évidemment des restrictions imposées aux travailleurs de s’organiser sur un plan syndical ou politique, l’entrave au droit de grève, le délit d’opinion…Les luttes des différentes catégories sociales opprimées,(27) sous toutes les formes, accumulées depuis plusieurs décennies contre la politique capitaliste – avec son lot de malheur et de répression – ont contribué à élever la conscience sociale, à acquérir de l’expérience dans l’organisation et à tirer des enseignements des échecs. La transmission orale ou écrite des leçons de l’histoire et la mémoire populaire contribua à l’éducation militante de la jeune génération, surtout à l’ère de la connexion par le portable et l’internet qui ont modifié radicalement les conditions  de communication, accéléré le flux de l’information, et facilité l’échange et la coordination virtuellement avant de concrétiser sur le terrain un objectif quelconque.(28) L’attitude abstentionniste graduelle et exponentielle des masses populaires durant les deux dernières décennies, qui à défaut de s’exprimer par d’autres formes de lutte possible s’imposa, reflétait une forme de résistance politique passive lors de tous les scrutins, et non une quelconque démission totale.(29)

Ces divers facteurs objectifs et subjectifs dans leur rapport dialectique complexe rendent intelligible la dynamique de l’évolution sociopolitique. Dans le cas du « Hirak », il aurait fallut un  catalyseur  pour  que  le  mouvement  populaire  de  cette dimension, malgré   ses  contradictions  internes, se  propulsât  de  l’avant  et  balayât l’obstacle principal qui entravait sa progression pour atteindre le but commun qu’il s’était fixé, en tenant compte des rapports de force et des limites de l’étape(30)  historique de la révolution démocratique nationale, qui après avoir connu des phases de recul, voire de régression remettant en cause le caractère social et républicain, acquis de son mouvement de libération nationale pour lequel des sacrifices inouïs ont été fait, une sorte de régime de gouvernance amalgamé de despotisme et de  népotisme s’appuyant  sur  l’alliance  d’élites  représentantes de  néo-‘assabiyates.

Cette forme inédite de superstructure est le produit particulier de l’histoire algérienne correspondant à une base matérielle ou infrastructure d’un capitalisme parasitaire néo-colonisé représenté par la mainmise des multinationales et une nouvelle oligarchie compradore divisée en fractions concurrentes qui a proliféré sur les ruines du secteur public productif déstructuré par les reformes libérales incessantes, la remise en cause du monopole de l’Etat sur le commerce extérieur et la libéralisation du secteur banquier ainsi que le début d’émergence d’une tendance monopoliste privée d’un capitalisme de la périphérie au développement entravé.(31)

Le renouvellement de la sainte alliance, entre Saïd Bouteflika et le général – major   Mediène Toufik, concoctée dans la précipitation, après la rupture de 2014, exprimant des intérêts colossaux de l’oligarchie qui foisonna à l’ombre du pouvoir bouteflikien, se prépara même à la guerre civile pour défendre par la violence milicienne(32) sa position dominante dans la société et son hégémonie sur les principaux leviers du pouvoir. Mais une autre alliance adverse naissante et insoupçonnable, constitua un vrai rempart infranchissable à ses desseins machiavéliques, celle de l’A.N.P. – guidée par un courant patriotique héritier de la belle époque boumédieniste de ‘’Djeïch Chaâb dhad erradj3iya’’, renforçant progressivement sa position sur le commandement de l’armée depuis l’année 2015 – et des masses populaires constituant le principal contingent insurgé du « Hirak », avec le slogan ‘’Djeïch Chaâb khawa khawa’’ dans la première phase de cette révolte populaire.(33)

Le plus dangereux piège fut tendu à ce dernier et aux forces de police le vendredi 12 avril 2019 – il y’a eu certes d’autres escarmouches successives auparavant, même mort d’homme – pour enclencher l’affrontement entre les deux blocs alliés et noyer dans le sang la marée humaine à la place Maurice Audin devant l’entrée du tunnel, à travers l’intrusion de casseurs. C’était un plan prémédité dont une voix avait averti la veille timidement  dans  les  réseaux sociaux,(34) alors  que le président  avait  été  déjà  démis de ses fonctions le 02 avril 2019, dans le but de briser l’alliance entre le peuple et l’ANP, qui seule était capable de féconder une puissance  à un degré suffisant  pour  neutraliser l’adversaire redoutable rompu aux manœuvres de la diversion, de la désinformation et de l’intoxication. L’ex-D.R.S. avait une longueur d’avance  importante d’influence sur la société par rapport à l’Etat-major de l’A.N.P. qui lui, renforça sa position dans l’armée et les autres services de sécurité de 2015 à 2018.(35)

Une vaine tentative d’infiltration d’éléments d’Otpor et autres ‘’printanistes’’ à Oran et dans la capitale, en particulier parmi les étudiants lors de leur marche du mardi après-midi sera neutralisée. Mais des éléments ‘’meneurs’’ avaient réussi à entraîner quelques uns de certains instituts dans une grève ‘’politique’’ injustifiée sans  aucun rapport avec leurs propres revendications pédagogiques, sociales  ou  matérielles…(36) après cette grave dérive du tunnel des facultés, lors du vendredi d’avant,  qui  tenta  obliquement cette fois-ci de faire  déraper le  « Hirak » dans un cycle de violence  aux conséquences  imprévisibles. Son  bilan  fut  le  plus  lourd, faisant  des  centaines  de blessés parmi les paisibles manifestants et les policiers qui ont été forcés d’utiliser les bombes lacrymogènes et les balles en caoutchouc, dans un cafouillage total.(37)

L’usage de l’art subversif de la rue par les manifestants et en parallèle sur les divers réseaux sociaux, notamment par de jeunes talents, se déploiera avec beaucoup de génie et d’imagination et développera l’esprit créatif des artistes (musique et chant, art plastique, danse, poésie, caricature…).Tandis que l’humour populaire et la dérision politique exprimera les aspirations légitimes étouffées par un pouvoir libéral autoritaire dans une situation socio-économique dramatique ainsi que par l’absence de la liberté d’expression et des libertés démocratiques des couches populaires et moyennes inférieures. Mais certains activistes, dans la seconde phase du « Hirak » en feront l’usage dans l’intérêt contraire au « Hirak » initial, à la manière du modèle déstabilisateur du ‘’printemps arabe’’, en puisant particulièrement dans le répertoire des caricaturistes et billettistes, prétendus ‘’talents’’ champions de la normalisation avec l’entité sioniste récompensés par les ambassades de France, U.S.A….(38)

A un moment donné du « Hirak » à Alger, vers la fin de sa seconde phase, des manifestants utiliseront symboliquement à partir de leurs balcons, des mortiers et des pilons rappelant tristement l’action des éléments du Front de l’Algérie Française avec des casseroles ! Quelle imitation nostalgique de forme d’action d’un mouvement de masse réactionnaire ! Et quel honte !(39)

On note la faiblesse de la participation paysanne, mais non son absence totale. Des groupes d’hommes se déplaceront aux chefs-lieux de leur Wilaya pour participer aux manifestations durant la première phase ascendante du « Hirak ».(40)

De facto l’Etat-major de l’A.N.P., sans l’avoir  prémédité, géra  la  phase  de  transition qu’une situation inédite imposa au pays. Et le caractère globalement pacifique du « Hirak », il le doit incontestablement au haut commandement de l’armée, qui déjoua toutes les tentatives souterraines de l’ex-D.R.S. pour le faire dévier de sa propre trajectoire et de cette forme de lutte choisie. La première victoire principale – destitution du despote – imprima  un caractère festif et joyeux au « Hirak » et permis de formuler de nouvelles revendications, notamment l’application du mot d’ordre ‘’klitou lebled ya serraquin’’ de la lutte contre la corruption qui traîna devant les tribunaux des personnalités intouchables jusque-là parmi les oligarques, les généraux, les ministres et premiers ministres, de hauts responsables…(41)Cette mesure contestée par certains qui y voyait juste un règlement de compte entre clans  rivaux, sera  aussi  applaudie  par  de  larges  couches  de  la  population  et  fêtée  par la majorité composant le « Hirak » populaire dans des liesses lors des regroupements devant les tribunaux, les files de gens courant derrière les cages-fourgons des prisons d’Alger, arrosant les arrogants d’hier par des jets de yaourt. Cela constituait le début d’une mesure nécessaire qui devait se poursuivre fermement sans attendre, soi-disant l’instauration future de la ‘’justice indépendante’’ dans un idéal ‘’Etat de droit’’ revendiquée depuis toujours. D’un point de vue stratégique, pour la sécurité et la stabilité de l’Etat-National dans un contexte international et régional tendu et détérioré, la  lutte  implacable  contre la corruption, sans  pitié,  reste  vitale.(42) Cette malédiction est bien sûr immanente au système capitaliste lui-même qui la génère et que l’Algérie ne peut extirper radicalement qu’en réunissant les conditions objectives et subjectives en perspective d’une véritable révolution sociale.

D’autres revendications pendant la fin de cette première phase du mouvement populaire seront mises en avant, comme la destitution des 3 B, l’exigence d’une phase de transition comme préalable à de nouvelles élections présidentielles – revendiquée par certaines forces politiques – qui pourtant étaient prêtes à s’engager dans la bataille électorale du 18 avril 2019, de surcroit même avec la candidature du ‘’cadre’’ pour certains(43), et le mot d’ordre mystificateur de la phraséologie fantaisiste petite-bourgeoise du dégagisme nihiliste, le fumeux ‘’Yetnehaw Gaâ’’ à connotation anarchisante menant inévitablement à l’impasse totale et au chaos.(44) L’enivrement d’activistes ONGisé(e)s endoctrinant une partie de la jeunesse annonça, par les tentatives de provocation de certains agents de l’ordre, la mutation du « Hirak » original. Déjà la veille de la journée du dérapage partiel  de  la manifestation à Alger-centre, Saïd Saâdi par son attaque frontale pernicieuse contre feu Ahmed Gaïd Salah, en sa qualité de chef d’Etat-major de l’A.N.P., de la manière provocatrice dont il est habitué, l’invite à faire rentrer l’armée dans les casernes avant de démissionner. Celle qu’il  avait  appelée  de  toutes  ses  forces, lorsqu’elle  était  dirigée  en  1992  par  les parrains de la création de son parti le R.C.D.,(45) de jouer un rôle politique tant que l’orientation allait dans le sens qu’il désira. L’arrestation de  l’oligarque  Issad  Rebrab, parmi d’autres de toutes les régions du pays, donna lieu à une levée de bouclier tonitruante de la part des partisans de l’idéologue de ‘’l’échec recommencée’’ Saïd Saâdi, Karim Tabou, Louisa Hanoune, Mustapha Bouchachi, Mokrane Aït Larbi, Saïd Salhi … et l’Etat néocolonial français, puis pris l’allure d’un communautarisme kabyle (grève des travailleurs de Cevital) qui accuseront le pouvoir de fait – avec à sa tête feu le chef d’Etat-major de l’A.N.P. – d’anti-kabyle et de tentative de division des manifestants, voire d’embrasement de la Kabylie ! L’homme étant déjà connu avoir fait son ascension sociale à l’ombre de l’ex-patron du D.R.S. et le parrainage du général Mohamed Touati (le cerveau), ayant le soutien de la France et être le pourvoyeur de fonds du candidat à la présidence le général Ali Guediri !(46) Mais le président français Emmanuel Macron préféra soutenir, tenu par un sacré deal en commun avec les U.S.A. et E.A.U., le ‘’cadre ‘’ en fait le pouvoir présidentiel réel du dauphin Saïd Bouteflika qui, à défaut d’être candidat pour succéder ouvertement à son frère, régna en compromis avec les autres pôles du pouvoir sur la présidence pendant le 4éme mandat. Ce qui lui facilita la chose à l’Elysée c’est la présence d’un solide allié, l’ex-trotskyste lambertiste, de la même obédience d’ailleurs que lui (le converti), le conseiller spécial Benjamin Stora. Il avait investi depuis 2001 tout son espoir sur son appui moyennant sans aucun doute la contrepartie !(47)

3- Evolution du « Hirak »      

L’annonce de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un 5éme mandat qui constitua la braise allumant le feu du « Hirak » à ses débuts, coïncida étrangement avec l’information par le site de l’AFRICOM d’une participation de l’armée algérienne à des manœuvres militaires ‘’Opération Flintlock 2019’’ de l’armée américaine avec plusieurs pays africains et de l’O.T.A.N., prévue juste avant le « Hirak ». Le P.A.D.S. dénoncera cette participation dans une déclaration du 24 février 2019, donc deux jours après le lancement du soulèvement populaire. Mais il n’y a aucune trace qui confirme cette information de la part de l’Algérie. Il y’avait certainement une connivence de la  fraction  pro-américaine  du  pouvoir  qui  cherchait  de  nouveau  le soutien de cette superpuissance, comme lors du 4éme mandat, en faisant miroiter un plus grand rapprochement avec elle sur un plan militaire et sécuritaire.(48)

Une seconde et nouvelle phase commencera  pour le « Hirak » qui se vida des larges masses populaires et l’arrêt des débrayages des zones industrielles et tous les secteurs de la production, des différents services socio-économiques – des millions de personnes –  (après le  limogeage  du  président),  pour  laisser   la  place   aux  troupes aguerries des forces politiques coalisées et  où l’initiative appartiendra aux réseaux de l’ex-D.R.S. disséminés partout, qui passeront à la contre-offensive, profitant de quelques erreurs  tactiques  du  haut  commandement  de  l’A.N.P., et  du manque  d’expérience politique et de maturité chez la grande masse des jeunes pour saisir les vrais enjeux des luttes se déroulant dans un contexte géopolitique régional et international défavorable aux forces de la paix et de la lutte anti-impérialiste(49). Certes une toute petite marge de manœuvre est permise à l’Algérie par l’instauration inéluctable d’un monde multipolaire grâce à l’émergence de la Chine et de la Russie ; mais la situation frontalière très étendue et tendue de tous les côtés reste instable et périlleuse par l’encerclement des bases militaires de l’O.T.A.N., le danger provenant de la Libye, du Sahel (infecté par la France) et de la frontière Ouest avec le Maroc à l’ambition expansionniste. Notre pays vit toujours une menace réelle et durable.(50)

Cette deuxième phase déclinante du « Hirak » – sauf à certaines dates symboliques –  s’instaurera aussi progressivement après presque un trimestre et durera jusqu’aux présidentielles retardées fixées au 12 décembre 2019. Certains faits et tendances qui vont dominer cette période étaient déjà perceptibles dans la première phase, mais à l’état embryonnaire et potentiellement amplifiés. D’ailleurs il n’y a pas une cloison hermétique entre les deux moments, mais les faits marquants et dominants pendant le premier se réduiront pendant le second temps, pour laisser submerger d’autres nouvelles caractéristiques si on  examine bien à rebours  le déroulement du  « Hirak » dans  son  processus d’évolution objectif correspondant aux normes de la conception scientifique de l’histoire. La possibilité est une réalité potentielle qui se concrétise parfois lorsque les conditions murissent et sont réunies. Elle préfigure toujours les prémisses d’apparition d’une alternative historique probable et réalisable qui se dégage de l’analyse globale et juste de la situation concrète.(51)

Les marches du mardi après-midi qui étaient celles des étudiants ont étés désertées à partir de l’été 2019 par eux pour laisser la place aux vieux et seulement quelques étudiants.  Mais sur les réseaux sociaux elles étaient amplement gonflées !(52)

L’état-major de l’A.N.P., pour lequel  s’était imposée  la gestion  d’une  forme  particulière  de  transition, mènera un programme de manœuvres  le long de toutes  les frontières  du pays, pour dissuader  toute force étrangère de s’ingérer dans  les affaires intérieures de l’Algérie. Il s’appuiera sur  deux  principaux pays alliés, la Russie et la Chine dans  sa stratégie de défense  et  de  préservation  de  la  souveraineté  nationale. A la veille du scrutin présidentiel du 12 décembre 2019, il mènera de nouvelles manœuvres  militaires  en  pleine  méditerranée. Cela  servira  surtout  à  se prémunir contre un danger potentiel de l’O.T.A.N. (AFRICOM), la France et Israël dont  les visées destructrices dissimulées contre l’Algérie souveraine sont réelles.(53)

L’agitateur principal Rachid Nekkaz, qui avait chauffé le tambour contre le 5éme mandat mais pour préparer le terrain au candidat de l’ex. D.R.S. Ali Guediri, épaulé financièrement et matériellement par Issad Rebrab, l’un des pivots de ce réseau, avait essuyé (avec son groupe) un arrosage de produits sur le balcon où ils étaient perchés à Alger-centre, pendant la première phase du « Hirak »  massive.(54)

Avec la décapitation de la nouvelle sainte alliance opérée par l’arrestation spectaculaire  principalement de Saïd Bouteflika et le général-major Mediène Toufik, ainsi que le démantèlement de sa base de soutien logistique, cette seconde phase du « Hirak » verra le redéploiement de l’Etat profond néocolonial par l’émergence de la coalition dite de l’alternative démocratique – dont des forces néo-colonisées consciemment ou manipulées – dominante juste momentanément par rapport aux divers courants islamistes. Cette force politique coalisée mobilisera toutes ses potentialités pour faire avorter le scrutin avec la volonté d’imposer l’alternative politique de l’assemblée constituante précédée d’un triumvirat provisoire à la tête de l’Etat. Elle élabora une plateforme politique social-libérale dite ‘’de l’alternative démocratique’’.(55) Dans son bras de fer faire avec l’Etat-major de l’A.N.P. gérant de facto la transition, elle se coalisera avec le courant islamiste, principalement le mouvement ‘’Rachad’’ pour saborder l’échéance du 4 juillet 2019. Cette réorientation du cours du « Hirak » se basera sur des objectifs qui ne feront plus l’unanimité et ne rassembleront plus la majorité des gens. Mais l’événement de la coupe d’Afrique créera une accalmie et la victoire de l’Algérie, dont l’équipe nationale soutenue à fond et par tous les moyens du pouvoir d’Etat provisoire animé par l’Etat-major de l’A.N.P., isolera la force de la nouvelle alliance politique de l’opposition. De nombreux éléments activistes de cette mouvance ne manifesteront aucune joie avec le peuple, comme s’ils étaient déçus et souhaitaient discrètement la défaite de l’Algérie.(56) Ce front tactique exigera le départ du chef d’Etat-major comme préalable et dominera la scène du « Hirak » avec le mot d’ordre mystificateur de ‘’Dawla madaniya machi 3askariya’’. Il galvanisera ses troupes au moment de la reprise des manifestations à partir du 1 novembre 2019 – alors qu’en été elles se sont drastiquement diminuées – autour d’un ‘’héros‘’ symbolique emprisonné, en l’occurrence Lakhdar Bouregaâ, au parcours controversé d’éternel opposant et déformé par ses propres admirateurs, et à l’accointance visible avec l’ex-D.R.S..(57) Pendant cette période régna un climat de défoulement semblable à celui des stades, en particulier à Alger où on faisait gonfler les effectifs par des contingents de toutes les régions du pays, même en assurant le transport et la restauration  aux  gens. Mais  la  chaleur  humaine  et  la  solidarité  qui régna pendant la première phase ont laissé la place à  l’intolérance, l’invective,  et  au commerce de tout produit, y compris l’eau, en particulier à Alger. L’ingérence flagrante et directe sur le « Hirak » sera celle de la France néocoloniale, dans la mesure où les réseaux internes de la FrançAlgérie n’avaient pas l’influence suffisante pour peser sur  la situation  et  modifier le rapport  de force en leur faveur.(58)

Comme dans l’affaire de la Syrie et de la Libye, le  P.C.F. – qui n’a de communiste que l’étiquette  – et la France (prétendument) insoumise mouvement social-démocrate de Jean-Luc Mélenchon se sont bien démasqués en s’ingérant ouvertement dans la souveraineté nationale ! C’est le vrai visage du Front  de  Gauche  qui  défend  l’Union Européenne néocolonialiste à laquelle l’Algérie est toujours ligotée.(59)

Si le mouvement populaire dans son apogée, tout en se massifiant avait créé des schismes dans l’édifice et les courroies de transmission du pouvoir politique, économique, sécuritaire, militaire – A.P.N., F.L.N., R.N.D., U.G.T.A., F.C.E., D.R.S. … – c’était bien au moment de son soutien ferme par l’Etat-major de l’A.N.P. et le noyau dur de son commandement. Mais un segment niché au sein du service de renseignement de l’armée, par une action sournoise,  feutrée et un double jeu infiltra le « Hirak » avec le mot d’ordre de ‘’Badissia-Novembaria’’créant l’amalgame dans sa première phase et profita du tournant de sa seconde phase déclinante pour fomenter une diversion politico-idéologique d’un courant anti-kabyle – avec la tenue d’une rencontre semi-secrète dans la région de Mostaganem d’où avait fuité la motion dite zéro kabyle – au moment de la rencontre d’Ifri du 20 août 2019 de la coalition dite de l’alternative démocratique, pour légitimer davantage son ambition d’accès au pouvoir. Ce produit  politico-idéologique concocté par un laboratoire des services au sommet depuis quelques années à travers les réseaux sociaux, est une forme de contrepoids qui vise la création  d’un équilibre dans la situation créée par le M.A.K. qui trouve lui aussi son origine logée dans la même enseigne.(60)La guéguerre entre deux segments du pouvoir-opposition à coup d’histoire, mémoire, linguistique, clanisme…sur la base de mythes et de contre-mythes avait pris le « Hirak » en otage obstruant la prise de conscience sur l’origine de la crise politico-institutionnelle et ses soubassements socio-économiques et par conséquent déterminer une juste alternative pour lui trouver une issue positive.

L’intrusion par effraction discrète de l’emblème berbère en dehors de la Kabylie s’était faite progressivement, par tâtonnement dans certaines  villes,  dans  la  phase première du « Hirak ». Elle constitua une désorientation vers le champ de la revendication identitaire engendrant des frictions parmi les masses populaires qui hisseront le drapeau national  à toute  occasion, réaffirmant  le  caractère  national  et patriotique du mouvement  populaire. Ce  dernier  démontrera  aussi  son  soutien  au peuple palestinien, comme il en avait l’habitude auparavant, en faisant cohabiter le drapeau de la Palestine avec celui de l’Algérie.(61) L’emblème dit de ‘’Tamazgha’’ qui avait été adopté, après sa création par l’Académie Berbère, secrètement puis semi- clandestinement et enfin ouvertement après le ‘’printemps berbère noir’’ est devenu un mythe fondateur ancré dans la conscience chez des pans entiers de la jeune génération kabyle. L’O.N.G. du Congrès Amazigh Mondial, à l’activité  et  aux  relations douteuses, ainsi qu’au financement intéressé, adopta et propagea cet emblème à l’échelle de toute l’Afrique du  Nord, qui  procréa  à  son  tour  une  multitude  d’emblèmes séparatistes en Algérie (Kabyle, Mozabite, Chaoui et Targui). Cet emblème berbère hissé partout et qui gênera  l’action  de  l’Etat-major  de  l’A.N.P.  depuis  le  début, mais celui-ci   préoccupé   par  les  objectifs   politiques  imposés par la crise politique et institutionnelle engendrée par le 5éme mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika, ne pouvait ouvrir plusieurs fronts de lutte. Il ne fera l’objet d’interdiction formelle qu’en juin 2019 – alors que la gendarmerie nationale avait l’instruction discrète de bloquer l’afflux des manifestants de la Kabylie vers Alger à cause de lui depuis le début – après plusieurs avertissements, pour le laisser confiné en Kabylie.(62) Des éléments berbéristes et activistes iront avec culot, jusqu’à le hisser avec celui d’Israël. Le fougueux Merzoug Touati à Bejaïa organisera même un sondage virtuel pour comparer l’attachement des algériens au drapeau de la Palestine avec celui d’Israël, il donnera ses résultats avec 51°/° au second et 49°/° au premier ! Cela illustre bien la dérive totale de cet activiste emprisonné pour ‘’délit d’opinion’’ et ceux du M.I.K.(au lieu de dire M.A.K.).(63)Sur un plan géostratégique tout est fait pour faire de la Kabylie une enclave française de facto (comme Ceuta et Melilla) sous couvert d’indépendance avec le soutien de l’Etat et du mouvement sioniste, dont un courant autochtone se cristallise  de  plus  en  plus  par  l’attitude  de  normalisation  ostensible  ou   discrète (Sansal, Dilem…). La diaspora Kabyle en France et au Québec – pas tous les kabyles qui sont pris de force dans un étau – où est exilé le G.P.K. de Ferhat Mehenni suivi de Saïd Saâdi et d’autres, constitue une force de soutien d’arrière-plan à ce projet.(64)

Cette situation qui s’accrut pendant la seconde phase du « Hirak » est le résultat de l’évolution d’une stratégie et d’une action de longue date de l’Etat colonial ensuite  néocolonial. Elle prend en otage la population de la  Kabylie  qui  vit  des secousses, de temps à autre, d’un long processus historique objectif d’intégration à la nation algérienne moderne pour des raisons très particulières à la fois géographiques, culturelles, linguistiques et historiques ; paradoxalement elle met l’Etat-Nation en danger par de multiples et fréquents  soubresauts  intermittents  du  sommet  de  son édifice depuis l’indépendance nationale au moment des crises  socio-économiques  et politiques.(65) Le choix de la voie capitaliste depuis 1981 qui s’approfondira de plus en plus dans le contexte de la mondialisation aura des conséquences néfastes sur la vie de la population, surtout la jeunesse qui essaimera dans toute l’Algérie à la quête d’une stabilisation sociale, alors qu’une autre partie émigrera en Europe et ailleurs, surtout en France (comme pendant la période coloniale) et au Canada. Par contre, l’aire géographique de la Kabylie ne connait pas une migration de gens issus d’autres communautés  et  venant   des  autres  régions   arabophones   ou  berbérophones  de l’Algérie, comme par le passé d’avant la colonisation française, à l’époque de la domination turque. D’ailleurs la naissance de la Kabylie  au  particularisme  prononcé, va de pair avec celui de la nation algérienne moderne, parfois dans un rapport conflictuel de son élite et des représentants de  ses  structures  locales  avec  celui  de l’Etat central  aspirant à  l’hégémonie depuis  la guerre  d’indépendance  nationale, en particulier le congrès de la Soummam et la naissance des embryons de ses institutions (A.L.N., C.N.R.A., G.P.R.A.). Ce congrès est instrumentalisé à fond dans la seconde phase du « Hirak » qui tenta de le ressusciter symboliquement par une rencontre de la coalition dite de l’alternative démocratique à la date du 20 août 2019 par une commémoration maladroite, occultant la date historique du 20 août 1955 qui constitua un tournant décisif de la lutte armée. A cette occasion, l’amalgame sera entretenu entre le mot d’ordre de ‘’Dawla madaniya machi 3askariya’’ – Etat civil, non militaire –  et le principe de primauté du politique sur le militaire, interprété selon la conception bourgeoise occidentale.(66)

La situation de la répartition démographique se répercute sur la vie économique, politique, culturel … de l’Algérie, et comme on l’a constaté sur la marche du « Hirak » lui-même qui à partir de sa 3éme phase semble être conduit par une alliance islamo-berbériste (kabyliste) grâce à la résidence de familles de la communauté kabyle dans toutes les villes et même les villages les plus reculés, plus que toute autre communauté algérienne et parfois depuis des générations d’avant l’indépendance nationale ou le début de l’émergence du mouvement national moderne en 1920.(67)

La tendance berbériste anti-arabe pro-coloniale avant l’indépendance et pro- néocoloniale actuelle depuis 1962 – qui n’est qu’une variante maghrébine du peupladethnocisme dans l’histoire de la civilisation arabo-musulmane (au sens que lui donne le philosophe marxiste libanais Husseïn Mroué:‘’la shou3oubiya’’)(68) – en force politique montante, sous-traitante de l’ex-puissance coloniale et du sionisme a réussi à aliéner la conscience d’une partie de la jeunesse, avec le temps, par des mythes  qui se sont incrustés aux illusions du modernisme libéral occidental. Tout autant qu’une  autre frange de cette catégorie, paradoxalement, happée  par l’idéologie  millénariste de l’intégrisme islamiste. Le dénominateur commun de ces  deux  idéologies, dont  les forces qui les portent se sont alliées ouvertement pour entraver les élections du  12 décembre 2019 et consolident leur symbiose dans les manifestations hystériques, est la destruction de l’Etat-National issu de la guerre d’indépendance nationale, dont la colonne vertébrale demeure l’A.N.P., tout en constituant deux vecteurs du libéralisme. D’autres forces politiques minoritaires de la social-démocratie (de diverses variantes) qui participent encore aveuglement à un mouvement qui se trouve dans l’impasse, aspirent aux strapontins à tirer, voire occuper le devant pour gérer un  pouvoir d’Etat  qui appliquera une politique capitaliste à la place d’un parti de la bourgeoisie comme en France et ailleurs.(69)

Le pouvoir qui tenta en vain tous les moyens pour faire participer les forces de l’opposition aux  élections  présidentielles  après  avoir  essuyer  l’échec  du  04  juillet 2019, où aucun candidat ne s’était présenté, sera obligé de recourir à des arrestations d’activistes meneurs et d’user d’une contre-violence face à la violence d’une fraction de l’opposition d’empêcher de voter, comme à Oran. Alors qu’en Kabylie la situation avait carrément dérapé par des incendies, le saccage des urnes et la détérioration de centres de votes. Même en France il sera aussi fait l’usage de la force.(70)

Le « Hirak » connaitra une troisième phase après l’échec du torpillage du scrutin présidentiel qui, relativement sauvegardera momentanément dans une situation encore fragile, l’institution  présidentielle  et  se  terminera  avec  la  crise  sanitaire  du coronavirus. L’usage de la violence de certaines forces islamo-berbériste dans l’émigration et en Kabylie marquera la transition à celle-ci. Il connaitra une mobilisation particulière à Alger le 21 et 22 février 2020, soit à l’occasion de la commémoration de la date symbolique et historique du soulèvement populaire. Comme pour la seconde phase qui avait les prémisses de ses tendances dans la première, celle-ci avait les siennes dans la phase précédente. Le décès du chef d’Etat-major donna lieu à un cortège funèbre national large et insoupçonnable avec principalement un contre-mot d’ordre ‘’Gaïd Salah ma3a Echouhada’’ (71) à celui des manifestations précédentes ‘’Gaïd Salah ma3a elkhawana’’. La prééminence passera cette fois-ci aux islamistes, avec Rachad en tête, alors que la dite alternative démocratique domina relativement la seconde phase. La printanisation du « Hirak »  deviendra sa caractéristique principale depuis la veille du scrutin présidentielle et s’aggravera encore plus jusqu’à sa suspension forcée à la mi-mars 2020.(72)

Pendant cette troisième phase du « Hirak » l’Etat néocolonial (la France), principal soutient des forces dominantes parmi les manifestants contre la tenue du scrutin, après avoir soutenu jusqu’au bout la sainte alliance  Bouteflika-Toufik, sera  obligé  de faire un repli tactique. La fermeté du pouvoir algérien sur  la  souveraineté  nationale, et son action diplomatique feront échouer toutes les tentatives d’ingérence flagrantes et lui imposeront de changer son ambassadeur (ex-patron de la D.G.S.E.) qui s’était trop compromis avec les réseaux du lobby de la ‘’FrançAlgérie’’. Il faut être naïf pour croire que la partie est définitivement gagnée sur ce front qui constitue le plus grand danger de la ‘’printanisation’’ concernant le « Hirak » en Algérie et son prolongement  par  rapport  aux réseaux  liés à  Otpor, le N.E.D., U.E.  et  autres  officines (Sionisme, Islamisme, Maroc …) qu’il ne faut pas sous-estimer.(73) L’histoire nationale nous enseigne, loin de tout complotisme, que la troisième force  néocoloniale  dans toutes ses variantes qui s’était infiltrée au sein du F.L.N.-A.L.N. dès l’année 1961, malgré souvent les divisions secondaires  entre les éléments de ses  réseaux, avait  réussi  à constituer une relève sur laquelle s’appuiera la France pour maintenir l’Algérie dans son giron géopolitique, économique et culturel sous des  rapports  de  domination  de type  néocolonial.(74) Les  noyaux  dynamiques de  cette  relève  était  à  l’avant-garde  du  « Hirak » dans sa seconde phase, s’appuyant sur l’Etat néocolonial français aussi bien en Algérie que parmi l’émigration en France et la diaspora en général.(75)

Prenant le relai de B.H.L., brûlé en Algérie, Raphaël Glucksmann le  néofasciste connu  avec  sa   rhétorique  démagogique fera adopter une motion de l’Union Européenne contre l’Algérie  la  veille du  scrutin présidentiel  le  28  novembre  2019  en ‘‘soutien du Hirak’’. Cette initiative fera à son tour démasqué tous les principaux activistes de la 2éme phase du « Hirak », en particulier d’ex-cadres du P.A.G.S. qui se sont reconvertis au libéralisme ou à la trahison de la social-démocratie et de l’opportunisme (I., B., O. …).76

L’affaire de Kamel Eddine Fekhar, le séparatiste mozabite qui sera hissé au statut d’héros du « Hirak » à son second stade, notamment après sa mort due à sa grève de faim, sera instrumentalisée à fond par les nouveaux ténors imposés au « Hirak ».77

Nos craintes pour l’Algérie notre patrie sont pleinement justifiées dans ce contexte dangereux pour l’Etat-National  – affaibli par les quarante  années  de politique  destructrice libérale  –  qui se trouve à la croisée des chemins pour sa propre survie.

Après  l’échec de plusieurs tentatives de déstabilisation successives du pays, voire de dislocation avortées grâce à la résistance patriotique et populaire (civile et militaire), il faut s’attendre à une nouvelle  tentative  s’appuyant  sur un nouveau plan affiné et secret, piloté par le tandem franco-sioniste qui s’acharne sur l’Algérie résistante, parrainés par les U.S.A. et  aidé  par le régime marocain et leurs alliés du Golfe.(78)

L’axe Turquie-Qatar,(79) soutenu aussi en sous-main par l’O.T.A.N. en appui aux islamistes, constitue lui aussi une autre face du danger de déstabilisation de l’Algérie.

Et  paradoxalement,  l’effet  de   cette  épidémie  du  Covid 19, tout   en  créant   une  nouvelle situation interne de répit  aux forces  anti-néocolonialistes, met à  nu le  niveau  de  dégradation  de  la  situation  socio-économique  atteint par notre  pays et  en  même  temps  la  faiblesse  de  la  cohésion politique nationale de  ces  forces  patriotiques et  leurs  capacités  de  mobilisation  des  masses populaires, en premier lieu de la classe ouvrière et son avant-garde.(80)

La dangerosité de la situation  fait que seule  l’alliance  populaire  avec l’A.N.P., et une juste politique étrangère d’appui sur les pays amis et les contradictions inter-impérialistes, les peuples de la région (dont ceux du Maroc et de la France) est en mesure  de  garantir  la  souveraineté  nationale, l’unité territoriale de notre  pays  menacée  ouvertement  et  la  paix  régionale contre toutes les convoitises.(81)

4- Perspectives du « Hirak »

Pour les partisans du socialisme, les patriotes anti-néocoloniaux, la classe ouvrière et l’ensemble des masses populaires, le seul « Hirak » qui vaut la peine d’être mené est celui de la  résistance  contre  l’impérialisme, le  sionisme  et  la  réaction  arabe, de  la lutte contre la politique libérale et le néocolonialisme dans cette phase de la révolution démocratique nationale à perspective socialiste sur la base d’une plateforme politique et socio-économique. Nous devons préserver l’alliance entre le peuple laborieux et l’A.N.P., mieux assainie de toute oligarchie corrompue et affairiste, pour une politique alternative renouant avec le développement national planifié  et intégré répondant aux besoins sociaux du peuple, la préservation de l’Etat-National indépendant et souverain et la paix civile chèrement acquise. L’Algérie fidèle à son histoire révolutionnaire doit continuer à soutenir la lutte des peuples Palestinien, Sahraoui, Kanak… pour leur indépendance nationale et à défendre la paix mondiale contre les guerres et les blocus impérialistes en Afghanistan, Libye, l’Irak, le Yémen, le Venezuela, Cuba, la Corée du Nord, l’Iran, la Syrie …(82)

Il s’agit de traduire ces orientations globales par un projet de plateforme à débattre et enrichir et en faire un outil de l’adhésion des masses populaires à la lutte multiforme sur tous les fronts, autour de son avant-garde, pour la conquête du pouvoir d’Etat. La transition réclamée par le « Hirak » à sa deuxième phase que reflète le contenu de la plateforme signée par les 119 ne débouchera que sur une révolution démocratique bourgeoise qui approfondira la voie capitaliste et ne peut être que désastreuse pour notre peuple, dans un pays de la périphérie et dans le contexte de la mondialisation impérialiste.(83) La transition que réclament le peuple laborieux – c’est-à-dire la majorité des algériens – est celle qui répond à ses aspirations profondes, celle de la perspective socialiste par la voie d’une véritable démocratie révolutionnaire, par le renouement avec la politique de développement nationale et de progrès social, des  années  soixante-dix, enrichie  des  enseignements de ses erreurs et faiblesses, en tenant compte de l’évolution historique, scientifique et technologique de l’humanité. C’est la leçon principale d’un bilan objectif des quarante dernières années. La continuation de la politique de l’infitah et son approfondissement mènera tôt ou tard à la destruction de l’Etat-National souverain et prospère, acquis de l’indépendance nationale arrachée par d’inouïs sacrifices.(84) La participation des partisans du socialisme au suffrage présidentiel et diverses élections n’est qu’un moyen tactique pour renforcer leur liaison avec les masses populaires.(85)

L’élection présidentielle du 12 décembre 2019, dont Abdelmadjid Tebboune a été proclamé largement lauréat  par  rapport  aux  autres  candidats, dans  un  rapport  de force serré, démontre qu’aucun prétendu représentant d’une force politique quelconque n’était capable d’être élu au suffrage universel, dans le marasme politique hérité du pluralisme de façade et du long  règne  du  régime  bouteflikien. Le coup de pousse provenant du noyau dur du commandement de l’A.N.P., avec le consentement des autres candidats, s’imposa à cause de la perturbation de ce scrutin par la contrainte, surtout en Kabylie et en France, et la fissure créée par le clan du général Wassini Bouazza dans la cohésion du haut commandement militaire, soutenant en sous-main le candidat Azzedine Mihoubi.(86)

Le « Hirak » a été une vraie aubaine pour les couturiers de drapeaux de toutes dimensions et autres accessoires durant approximativement une année, ainsi que – relativement – les éditeurs et divers médias produisant des ouvrages et autres supports sur l’évènement historique exceptionnel.(87)

Conclusion:

Une controverse continue s’était produite au sujet de l’organisation du « Hirak », de lui dégager une direction commune et un porte-parole consensuel. La manière avec laquelle s’était déclenché ce sursaut populaire, qui avait dépassé les initiateurs anonymes, et dans sa première phase, refoulé les leaders de partis politiques de l’opposition officielle et du pouvoir, démontrera que jusqu’au tournant de sa seconde phase, après avoir éliminé le pouvoir de Bouteflika grâce à son alliance avec l’Etat-major de l’A.N.P., les masses populaires n’avaient aucune confiance à faire sur ceux qui ont émergé dans les manifestations et n’avaient pas besoin de ‘’héros’’ pour atteindre le but qu’elles s’étaient fixé dans un premier temps: L’avortement du projet humiliant du 5éme mandat et du prolongement du 4éme du pouvoir despo-népotique soutenu ouvertement par l’Etat néocolonial français ou son remplacement – dans le cadre d’un plan B – par celui d’un sosie représentant le renouvellement de  l’alliance avec l’Etat profond.(88)

Une fois ce but commun atteint, il était prévisible pour tout observateur averti politiquement, que l’hétérogénéité sociale et politique de ce grandiose mouvement populaire  ne  pouvait  plus  permettre   d’avancer  dans  la  même  direction  avec  les mêmes orientations et objectifs. Les aspirations des classes et couches sociales, leurs besoins et intérêts opposés voire antagoniques ne pouvaient qu’exacerber la lutte de classe qui reste la force motrice du développement de l’histoire sociopolitique, même si on n’en prend pas conscience. Les classes sociales fondamentales d’une société capitaliste périphérique, qui ne se sont pas encore bien cristallisées, agissent très souvent de manière instinctive. Si toutes les divergences demeurées secondaires momentanément,   pour  l’ensemble    des   forces   sociopolitiques   participantes   au soulèvement populaire, afin  de  renverser  l’ennemi  principal  et  frayer  la  voie  à  la résolution de la crise politico-institutionnelle, elles réapparaîtront de nouveau parce  que  les  buts  finaux  de  chaque  force  sont   différents   et  même  s’opposent.(89) La confrontation était inévitable entre ceux qui s’unirent hier. C’est ce qui explique que toutes les tentatives d’entente sur un projet commun et des moyens  identiques pour le réaliser n’ont pas débouché. La classe ouvrière et les masses populaires en général ont besoin de leur avant-garde – syndicale et politique – pour les éclairer, tellement parfois la situation est confuse et brouillée par la propagande de la bourgeoisie de la fraction au pouvoir ou celle de l’opposition. Un flou total était maintenu sur le projet de société d’avenir à construire (socialisme ou capitalisme)(90) par ceux qui se sont autoproclamés leaders et par quels moyens ? L’impasse était faite sur le programme socioéconomique alternatif à mettre en avant de façon claire et nette. Le glissement de  certaines   forces  sur  le  terrain  identitaire (avec  l’emblème  berbère), le  clivage d’ordre civilisationnel, cultuel, culturel, linguistique… faussera totalement les enjeux de la lutte. Des groupes appartenant à des polices politiques liés aux différents centres du pouvoir et de l’Etat profond, s’affronteront au sein du « Hirak » pour gagner à eux certaines catégories, notamment de jeunes. Le maintien de ce jeu politico-policier artificiel par la manipulation et la marionnettisation de parti-pions favorisera un climat de faux clivages et ne produira que des excroissances néo-fascistes nuisibles à la cohésion politique nationale anti-néocoloniale.(91)

La dichotomie principale se creusa entre deux façons de voir et de faire :  1-Choix de l’Etat-major de l’A.N.P. d’aller directement à des élections présidentielles.                                                       2-Emprunter une période de transition précédée d’une présidence d’un triumvirat provisoire que tenait à imposer à tout prix une large alliance politique laïco-islamiste. Le nouveau rapport de force et l’absence de consensus engendreront la gestion de cette ‘’phase de transition’’ par l’Etat-major de l’A.N.P. de manière indirecte, mais visible. Chaque partie jurant l’établissement de la souveraineté populaire !(92)

Ni l’A.N.P. à elle seule, ni les masses populaires avec leur avant-garde politique et un front anti-néocolonial à eux seuls ne peuvent, à chaque camp de manière séparée, résister à une offensive impérialo-sioniste. Aucune erreur sur la nécessité stratégique de cette alliance ne doit être commise pour la sauvegarde de l’Etat-National souverain et indépendant évoluant vers le progrès social au profit de son peuple. A ce front intérieur civil et militaire, doit correspondre une politique étrangère de solidarité anti-impérialiste à l’échelle régionale (Maghrébine), du monde arabe, de l’Afrique et mondiale contre le néocolonialisme, pour la paix et un nouvel ordre économique international équitable contre la mondialisation impérialiste.(93)

La faiblesse politico-idéologique de la classe ouvrière, de ses alliées et de son organisation, l’éparpillement de ses quelques noyaux et la dispersion de leurs efforts n’ont pas encore permis aux forces du socialisme d’influencer le  cours  de  l’évolution des luttes de leur empreinte. (94)  La confusion créait par la désunion entre le P.A.D.S., le nouveau ‘’P.C.A’’. autoproclamé la veille du scrutin, ‘’Edderb Echouyou’i’’ qui a pris le relai de la ‘’Moubadara’’ et le nouveau ‘’Collectif de Novembre pour le Socialisme’’ qui se proclament tous du même but final auprès des jeunes, ne permet pas d’aller loin. Déjà, la tactique électorale préconisée (participation avec bulletin nul ou boycott) lors des présidentielles avait creusé les divergences entre ces divers détachements.(94)bis Ce panorama s’aggravera par la confusion entre les forces du socialisme et certaines variantes de la social-démocratie (M.D.S., P.S.T. et P.T.), surtout les courants trotskystes que le pouvoir favorisa par la cooptation(95) après avoir fait éclater le P.A.G.S. en 1992 et que – malgré le début de sa social-démocratisation lors du premier congrès de 1990 – les communistes en son sein pouvaient toujours redresser la barre avec le temps, en se ressaisissant du désarroi vécu suite à l’effondrement du camp socialiste de l’Est.

Les instruments politiques de la révolution démocratique et nationale à perspective socialiste (surtout un Parti  unifié  du  socialisme  et  un front  anti-néocolonial) sont   à  édifier en rapport étroit avec  le  mouvement  de  masse, comme  le  démontre  le  soulèvement populaire et l’exige le triomphe de notre idéal dans l’intérêt de notre peuple laborieux. Toute   déviation   par  rapport   à  cette  voie  sera  catastrophique  par ses conséquences lointaines comme nous l’enseigne l’expérience du mouvement ouvrier et communiste international et celle du camp socialiste (U.R.S.S. …).(96)

Les patriotes sincères, les jeunes, les camarades qui ont été entrainés dans la confusion à partir de la seconde phase du « Hirak » dans une fausse route, en l’absence d’une vie politique dans un parti organisé sur la base d’une ligne politique claire, doivent et peuvent  se  ressaisir  par  la  pratique  de  la  critique  et  surtout  de l’autocritique qui n’est pas le signe d’une faiblesse, mais le trait caractéristique d’un courage politique responsable contre l’esprit petit-bourgeois. Parfois on se retrouve dans un engrenage malgré soi par réaction ou sous l’influence séduisante et même manipulé ou trompé, ou suivant le cap d’un ancien dirigeant du P.A.G.S. qui vous désoriente – par attache subjective – parce qu’il a changé de conviction communiste en glissant vers la social-démocratie, comme nous l’enseigne l’histoire du M.O.C.I. .(97)

L’épidémie du coronavirus, facteur imprévisible dont l’origine demeure controversée, avait mis fin au « Hirak » dans sa troisième phase ‘’printanisée’’ et récupérée par les forces politiques islamo-berbéristes dominantes par rapport aux autres composantes. Paradoxalement, cette subite crise sanitaire qui engendre malheurs (malades, morts…), aiguisement de la détérioration de la situation sociale de pans entiers de la population, paralysie partielle de l’économie et du fonctionnement de plusieurs secteurs…, a évité au pays  une  confrontation  musclée – discorde ou fitna – entre le nouveau pouvoir et ‘’l’opposition’’ mettant en péril la paix civile chèrement acquise contre l’intégrisme islamiste. Le  duel  est  porté  depuis  quelques  temps  sur l’arrestation d’activistes qui rejettent la légitimité du président et le mouvement de protestation contre cette campagne dite d’atteinte au délit d’opinions par ses partisans, alors que le pouvoir justifie ces mesures par la protection de la vie des citoyens contre la maladie et la stabilité des institutions publiques.(98)

Nous nous ne faisons aucune illusion sur le programme social-libéral du nouveau président Abdelmadjid Tebboune depuis la campagne électorale, ce qui justifia notre participation tactique au scrutin par le biais d’un bulletin nul, avec inscription ‘’non au capitalisme, oui au socialisme’’, en l’absence d’un candidat qui défend clairement un programme qui s’inscrit dans cette perspective. Le rejet du boycott est justifié par le risque de l’effondrement de l’Etat-Nation dans un contexte géopolitique plein de danger à l’échelle régionale et mondiale.(99)

Avant le « Hirak », pendant le « Hirak » dans toutes ses phases et après celui-ci, les luttes sociales ont cours dans la vie quotidienne, même dans cette nouvelle situation de confinement imposée par l’épidémie du coronavirus, très souvent spontanément, en dehors de la volonté subjective et l’intervention de toutes forces syndicales ou politiques. Elles sont engendrées par le capitalisme et l’orientation libérale. Notre rôle est de canaliser ces  luttes  pour  réaliser  les  revendications  légitimes  des travailleurs, des chômeurs, des jeunes, des femmes, de la paysannerie laborieuse, et de toutes les couches populaires, de contribuer à leur orientation correcte et de leur succès. Et en même temps de lier ces luttes à notre combat politique par l’éducation des éléments qui  émergent  et les  dirigent, les  aider  à  constituer  de  petits  noyaux  dynamiques de collectifs au sein des entreprises, des quartiers et autres structures de base en renforçant les assises de notre futur parti unifié pour le socialisme, au moment où nous célébrons la 80éme année du martyre de notre cher camarade Kaddour Belkaïm 1ersecrétaire du PCA.(100).

Oran, le 30 juillet 2020. B. LECHLECH. Chercheur-Historien.

Notes et références:     

* Cette brève étude s’appuie sur un dossier constitué depuis  plus d’une  année  de  plusieurs  publications  parues  sur internet   comme  articles, contributions, déclarations, plateformes, échanges  et  débats   sur  facebook …   et   autres écrits ou sources filmées (vidéos et lives), iconographiques…sur le « Hirak », presque une centaine.  Cette contribution n’est pas définitivement close, elle sera  améliorée voire  corrigée  sur  des  aspects  qui  s’avéreront inexactes,  à  la  lumière de  nouvelles sources. Si  elle arrive  à  engager un  débat  critique et franc,  dans  le  but  d’un rapprochement entre les partisans du socialisme et de la lutte anti-néocoloniale, comme c’est notre intention, son but sera alors déjà atteint.

1- Quelques références principales aux idées et thèses fondamentales de Karl Marx, Frederick Engels et Vladimir Ilitch  Oulianov dit Lénine, sur le matérialisme historique, dialectique et l’économie politique, ainsi qu’Ibn Khaldoun.

2- « Réflexion sur l’édification des instruments politiques de la R.D.N.S. », Oran, 2014, p. 1, de l’auteur.

3- « Décembre 1960 n’est pas encore prêt à livrer tous ses secrets », Oran, 2011, p. 14, de l’auteur.

4- « Point de vue succinct sur l’actualité politique nationale-Le Hirak », Aïn Temouchent, septembre 2019, de l’auteur.

5- « Préservons  l’indépendance  nationale, la  paix  civile  et  renouons  avec  la  politique  de  développement  et  de souveraineté nationale », Oran le 1er novembre 2019 (projet de déclaration d’un groupe informel de militants).

6- Mohamed  Sadek  El  Husseini  «  l’Algérie  au  bord   de  séismes,  entre   la  volonté  populaire  et   les  laboratoires occidentaux », journal libanais el Akhbar en arabe, Beyrouth le 11 mars 2019.

7-  La  forte  influence  de  la  propagande  des  réseaux   de  l’ex-D.R.S. ou   l’Etat  profond, relayée  consciemment  ou naïvement par  des journalistes, des activistes et de  simples gens qui, en  se  fiant  aux  apparences, succombent  très souvent  à  l’intoxication, notamment  sur  la  biographie du  défunt  Ahmed Gaïd Salah, pour  salir son parcours et  sa  conduite, qui  ne  sont  pas  exempt  d’erreurs.  A  cours  d’argument  politique, on  invente  des  anecdotes comme sa fuite lors de l’affaire d’Amgala 1 devant l’ennemi, alors  que l’officier chargé des écoutes rapporte  à un  autre  officier en poste à Tindouf qu’un ordre urgent émanant du défunt président Houari Boumediene avait été donné pour replier rapidement de cette mission de reconnaissance, afin de ne pas se faire prisonniers, lors  de cette  attaque  traîtrise de l’armée   marocaine. Amgala  2  sera  une  revanche  sévère   de  l’A.N.P.,  qui  aidera  le   Polisario  à  récupérer   cette agglomération et lui donner une raclée. En étant  chef de la  2éme  région  militaire  en  1992, le  défunt  Ahmed  Gaïd Salah protégea le chahid Mohamed Boudiaf de l’assassinat à Oran et Aïn Temouchent, lors de sa visite du 22 juin pour initier le Rassemblement Populaire National.

8- La bibliographie sur le conflit réel entre les anciens maquisards et  les déserteurs de  l’armée  française dans l’ALN, ensuite l’ANP s’enrichit dans l’historiographie de la guerre d’indépendance nationale et  l’histoire nationale de  façon générale. Plusieurs épisodes le reflètent, en particulier la tentative du coup d’Etat du colonel Tahar Zbiri  de 1967 qui l’avait accentué davantage. Il masqua  la réalité  d’une  variante de  la  3éme  force  néocoloniale qui  avait  été  sous-estimée par  le Président trahi. L’ouvrage de  Saphia Arezki, de  l’ALN  à  l’ANP de  1954 à 1991, aux  éditions Barzakh, Alger 2018, est orienté par les sources utilisées et l’échantillon étudié. Par conséquent ses conclusions sont faussées! 9- Pour Hocine Bellaloufi, le ‘’théoricien du P.S.T.’’ l’autre aile trotskyste, le régime algérien ‘’ n’est ni monarchiste ni véritablement républicain… ni une dictature, ni une démocratie… ni une théocratie ni un régime laïc… n’est  pas pro-impérialiste… n’est plus anti-impérialiste…n’est pas ultralibéral… n’est pas antilibéral.’’ Il affirmera  par  ailleurs que: la nature de classe du pouvoir actuel est petite-bourgeoise! Il vient de décréter qu’il n’est plus anti-impérialiste.

10- Se référer sur Youtube à toutes  les vidéos de ces agents auxiliaires propagandistes de l’ex-D.R.S. identifiés durant la semaine qui avait précédé le 22 février 2019. A Oran, connaissant quelques autres qui s’étaient déjà  distingués par une campagne active contre le 4éme mandat, cette fois-ci, ils ont brillé de manière plus voyante et virulente contre le 5éme mandat, par l’encouragement à répondre à l’appel de manifester  l’après-midi de bouche à  oreille, notamment dans l’espace politique public privilégié des algériens que constituaient les cafés populaires. Des chaines  T.V.  comme   El Magharibia et Berbère T.V. favorisaient l’idée, d’où la confusion sur l’origine de l’émanation de l’appel anonyme. 11- Rachid Nekkaz, l’homme d’affaire milliardaire qui  s’avéra  être  un  grand démagogue, après  l’échec  du  scénario dans lequel il jouera le rôle de perturbateur  contre le  4éme  mandat  et  le  5éme  au  profit  de  l’ex-D.R.S., après  le tournant pris par le « Hirak » dans sa seconde phase, perdra  la boussole  avec  l’arrestation  de  ses  ordonnateurs. Il usera de la même argumentation que Raphaël Glucksmann le néofasciste, député du parlement Européen, contre le scrutin du 12 décembre 2019, en instrumentalisant le vote tactique de  la loi sur  les  hydrocarbures  qui  précéda  les présidentielles, en s’attaquant verbalement  à  la multinationale du  groupe TOTAL, visant dans  le  collimateur  l’Etat-major de l’A.N.P. et  particulièrement le défunt son chef, comme il tentera d’importer  le modèle  du ‘’printemps’’ de Hongkong où il s’était  déplacé pour  soutenir ‘’les libertés’’ contre  ‘’la dictature chinoise’’. Il  sera  rattrapé  par  son dérapage langagier appelant à tuer les députés qui ont voté cette loi – après avoir était pacifiste -, et on lui désignera aujourd’hui Zoubida Assoul l’auxiliaire de l’ex-D.R.S. comme avocate.

12- Après l’entente  entre le général-major Mohamed Mediène dit  Toufik et  Saïd Bouteflika, Ali Ghediri  était  prêt à affronté  Abdelaziz Bouteflika, mais en  vérité  l’accord secret conclu entre  eux prévoyait  le retrait  de ce  dernier  en cours de route, pour faciliter l’accès du second au trône d’El Mouradia.‘’L’empereur du temps’’, allait jouer, en fin de parcours politique, le rôle de  gros  lièvre  pour  le compte du clan du chef de l’ex-D.R.S., le rival d’hier !

13- On se dispute, à postériori, d’être  les initiateurs  du « Hirak »  du 22 février 2019. Certains  l’attribue  à  la  ville de Bordj Bou Arreridj le 13 février 2019, d’autres à celle de Kherrata le 16 février 2019 ou encore à la  ville  de  Khenchela le 19 février 2019. La manifestation dans cette dernière a eu lieu en réaction à la provocation du maire de  la  cité  qui avait  mis  un  message  humiliant sur  sa  page  facebook. En  présence  de  l’agitateur  Rachid Nekkaz,  les jeunes  ont arraché  et  piétiné  un  grand  portrait  du  président  Abdelaziz Bouteflika. Dans les  deux  premiers  endroits, l’étude minutieuse du déroulement de l’événement, démontre qu’il y’a avait des réseaux organisés derrière le regroupement des jeunes, avec une similarité des mots d’ordre et  des  consignes pratiques  observées. La  manifestation  d’Alger du   22 février qui a été étudiée relativement par un camarade, sous plusieurs angles sur la base des faits  relevés  l’amène à conclure que l’appel provient d’un segment du pouvoir. En comparant toutes les données disponibles on déduit que se sont bien les réseaux de l’ex-D.R.S. qui sont derrière  cet appel et des actions locales précédentes.

14- Maurice Faivre (Général),  Les  archives inédites de la politique algérienne, Editions l’harmattan, Paris 2000, p. 53.   La thèse de la directive gaulliste donnée au début aux 2éme  bureaux et  aux  S.A.S.  et  S.A.U.  est  confirmée  par  les documents  d’archives militaires auxquels ont eu  accès récemment des historiens. Une enquête historique de terrain minutieuse menée sur le déroulement  des  manifestations de  décembre  1960, à Aïn Témouchent  la  journée  du  09 décembre 1960, qui avait  connu  la  première  visite du  Général  De Gaulle, lors  de  son  ultime  tournée   en  Algérie confirme que le mot d’ordre ‘’Algérie algérienne’’ provient des officiers gaullistes dont le capitaine Henri Béziat.

15-  Jusqu’à aujourd’hui, par myopie, on attribue le détrônement du clan Abdelaziz Bouteflika, par la démission de ce dernier, au seul  « Hirak » dans  sa phase ascendante (entendre les marches du vendredi et celles – des étudiants – du mardi) alors qu’en amont, les travailleurs de tous les secteurs ont observé des débrayages politiques contre  le 5éme mandat et  le prolongement  du 4éme,  oubliant le rôle décisif de l’A.N.P à travers son Etat-major.

16- La thèse marxiste-léniniste  du rôle des masses populaires  dans l’histoire, à travers  l’exemple du  « Hirak », doit-être interprétée de façon concrète et spécifique à ce cas. La contradiction principale dans cette phase de la R.D.N.  – reflétant le contenu de la lutte de classe – est la lutte anti-néocoloniale ; la  synergie  de  toutes  les  forces  politico -militaires  patriotiques  de  l’Etat-National  avec  le  mouvement  des  masses  populaires, dans  cette  nouvelle  crise politico-institutionnelle, était la seule capable de bloquer la dérive continue imposée par ce régime de plus  en  plus inféodé  aux désidératas impérialistes. Malheureusement, le retard de maturation du facteur subjectif (organisation politico-syndicale de la classe ouvrière et ses alliés) fait  que  pour  aller  de  l’avant, dans  la  perspective  voulue par  nous, on piétine encore, en partie par l’entêtement de certains à entraver l’unité de nos rangs.

17- Le « Hirak » a dénoncé toute ingérence étrangère avec l’Etat-major de l’A.N.P.  uniquement pendant sa  première phase, ensuite la force dominante de sa seconde phase  s’appuya sur la  France  pour tenter de faire avorter le scrutin présidentiel,  avec un succès momentané  le 04 juillet 2019, alors que  l’élan de  mobilisation millionnaire des  masses populaires s’était neutralisé à  ce moment  précis. Le  contenu  patriotique  et  antisioniste  du  « Hirak »  se  refléta  à travers  son ‘’inondation’’ par le drapeau national que côtoya celui de la Palestine, de toutes dimensions.

18-  Sur Youtube, on peut revisionner  les vidéos de  la  première  phase  du  « Hirak »  à  ses  débuts, pour  remarquer que  Saïd  Saâdi, Louisa  Hanoune, Mustapha  Bouchachi, Ali  Guediri, Sofiane Djillali, Zoubida Assoul etc.  et   tous  les autres  ont  été hué  et renvoyé par  les  jeunes. Celui  du  M.S.P., Abderrazak  Makri  fabriqua  une  scène  vidéo, où  il apparait entouré par ses partisans dans une allée d’Alger, comme  s’il  était  acclamé par le  « Hirak » ! Et  ce  sont  ces prétendus leaders qui vont se métamorphoser en mentors et idéologues du « Hirak » après son tournant négatif.

19- Amar Saïdani, promu , qui  était un  agent  auxiliaire de  l’ex-D.R.S, sera retourné  contre  son  ancien  patron  pour contribuer  à  détruire  sa  puissance, lorsqu’il  sera coopté  à la tête  du  parti  F.L.N.,  en  septembre  2013  par le  clan  Bouteflika, pour ouvrir la voie au 4éme mandat, en fait le règne déguisé de Saïd Bouteflika. Les réseaux  de l’ex-D.R.S. livreront au public le dossier de toutes ses frasques et lâcheront sur lui  Rachid Nekkaz en  France  où  il  est  partit  se réfugier. Leur propagande le présentera comme un homme proche du chef de l’Etat-major, alors qu’en réalité, il avait tourné casaque au profit du clan Bouteflika.

20- Toute  l’histoire  de  la  formation  du  pouvoir  en  Algérie, avant  comme  après  l’indépendance, est  illustrée  par  des  alliances conjoncturelles de forces contre-nature, comme le démontre l’épisode du coup d’Etat  du 19  juin  1965, dans lequel Abdelaziz Bouteflika joua un rôle déterminant  contre feu  Ahmed Benbella.  Et  lors  du  règne  récent  du premier, il se fera parrainé par  le  second  pour  perdurer  au  pouvoir. Ce  qui  est  établi  clairement,  c’est que  l’Etat néocolonial français, comme les U.S.A. et les Emirats Arabes Unis étaient  les  soutiens  inconditionnels  du  président Abdelaziz Bouteflika, et leur ennemi était le chef d’Etat-major, surtout celui de la France.

21-  Mais  même  toute  cette  mobilisation serait  restée   encore  insuffisante  pour  déboulonner  ce  régime  despo-népotique qui s’accrocha au ‘’trône’’ par toutes les manœuvres possibles. Il se prépara à la répression et même  à la guerre civile. C’est l’intervention de l’A.N.P., à  travers  son  haut  commandement  uni, que  représenta  l’Etat-major dirigé par le défunt Ahmed Gaïd Salah qui  neutralisa  le camp adverse – Saïd Bouteflika  allié de  nouveau à l’ex-chef du D.R.S. – et poussa le président à signer publiquement  sa lettre de démission ; et cela après une tentative avortée de limoger le chef d’Etat-major, lui-même par ces nouveaux alliés.

22- Le 20 novembre  2016  à Tlemcen, à  la  commémoration ‘‘scientifique’’ de  la  800éme année   de   l’anniversaire de   Sidi  Boumediene,  par  une   institution  scientifique, l’annexe   du   C.N.R.P.A.H.,  avait   été   pressenti – par  la qualité  des  invités  et  la  solennité  de  l’ouverture – que  l’événement  était  instrumentalisé  pour  la  préparation   d’un   éventuel   5éme   mandat. Le  pouvoir  devança   Séville,  ville  natale  du  célèbre  Saint  soufiste, sautant, sur l’occasion pour lui piquer l’idée, et mettra tous les moyens pour  mobiliser les  élites qui lui  étaient  subordonnées,  afin  de perdurer  grâce  à l’idéologie du charlatanisme, propagée  par  tous  les  moyens  de  propagande de  l’Etat, s’appuyant sur  le  vaste   réseau  des  Zaouïas. Abdelaziz Bouteflika, n’avait-il  pas  usé  tout   au  début, lors  de  sa  campagne électorale,  du mot  d’ordre ‘’ DE L’EMIR ABDELKADER A SI ABDELKADER ’’ ! Il projeta de  s’introniser par  une  néo – ‘’moubaya’a’’, à  la  place  du suffrage universel, avec  l’aide du  D.R.S.  dont  feu  Larbi Belkheïr  était  le  parrain  de  son  chef, et  de  remplacer  la république par le système de l’Emirat  importé du Golfe, où il exerçait la  fonction  de  conseiller  du  souverain  des E.A.U.. Le soutien négocié avec les U.S.A. et la France, en plus des E.A.U.,  renouvelé jusqu’à la fin lui était assuré.

23- On a trop spéculé sur  le soutien  des E.A.U. au  défunt  Ahmed  Gaïd Salah, chef  d’Etat-major. Alors  que  ce  pays soutenait exclusivement leur ancien conseiller – par un accord tripartite avec  les U.S.A. et la France – qui  leur  rendra bien l’ascenseur et que le défunt avait eu des relations avec lui  par son intermédiaire. D’ailleurs pendant  le « Hirak » dans sa première phase, la presse avait rapporté l’information sur l’arrestation d’officiers supérieurs de la présidence par l’Etat-major de l’A.N.P., qui avaient aidé un homme d’affaire émirati à s’enfuir avec des valises d’argent sur ordre de Saïd Bouteflika, sachant qu’il en était bien fini avec son pouvoir influent.

24-  Gyorgy Lukacs, Histoire et conscience de classe. Essais de dialectique marxiste, Éditions de Minuit, Paris, 1960.

25- Il y’a  eu  une  vaine tentative  de  faire  sortir  en  retraite le chef d’Etat-major en fin 2018 par la présidence (Saïd Bouteflika) qui résista par la force, après avoir déchu de son poste le président de l’A.P.N., Saïd Bouhadja proche du chef d’Etat-major et plusieurs autres mesures pour préparer les conditions d’un 5éme mandat contre  la  volonté de l’Etat-major de l’A.N.P. . Tous ces faits réels de  la  vie  politique  nationale démontrent  que  la  fraction  du  pouvoir insinuée par le trotskyste Hocine Belalloufi, celle de l’Etat-major, le  défunt  Ahmed Gaïd Salah n’avait soutenu  ni le 4éme et encore moins un  5éme mandat. Ce  n’est  pas  lui, ni  son  groupe  qui  avait  parrainé  le  despote Abdelaziz Bouteflika depuis le début, mais le duo feu Larbi Belkheïr – Mohamed Médiène dit Toufik.

26- Le vote par l’A.P.N. de la loi sur les hydrocarbures  avant  le  scrutin  du  12  décembre  2019  était  différemment interprété par les analystes et cela malgré  les protestations. Les  adversaires  de  l’Etat-major de  l’A.N.P., qui  gérait indirectement la transition y voyaient la preuve qu’il était  au  service  de  l’intérêt  des  multinationales américaines     et françaises. D’autres voix sincères recommandaient de reporter ce vote jusqu’à l’élection d’un  président  légitime. L’évolution de la situation par la suite, pousse à l’interprétation que c’était  une  démarche  tactique  provisoire  qui peut être remise en cause une  fois  les  présidentielles  passées  et  la  situation  des  institutions  stabilisée. Il  fallait neutraliser l’interférence négative des  puissances étrangères  sur  la  situation  intérieure, par  la  reconnaissance du nouveau président du pays en satisfaisant leurs appétits dans le texte de cette loi, notamment les U.S.A. et la France. Cette dernière pour ne  pas  froisser  ses  sbires  en  Algérie  aura, par  la  suite, une  attitude  équivoque. Pendant  la  transition   de  facto  durant   le  « Hirak », la  Sonatrach,  constituant  l’enjeu  principal  pour   tout   pouvoir  central, connaitra un toilettage général, en  passant par  son  P.D.G.  et  l’ensemble  de  son  encadrement. Comme  la  rente  des    hydrocarbures   demeura   la   principale  ressource   du   budget  de   l’Etat, il  fallait  changer  les  responsables détenant les principaux leviers de commande. Elle  a  connu  un  assainissement balayant le  clan  présidentiel  et  les résidus des réseaux de l’ex-D.R.S. …

27- Le phénomène de la polyvalence socioprofessionnelle – engendrée  par  les  bas  salaires  et  la  hausse constante des  prix,  l’inflation  chronique  inhérente   au  capitalisme périphérique  dépendant, un  pouvoir  d’achat  en   baisse chronique – constitue une entrave objective à la constitution d’une classe ouvrière homogène et cohérente avec une conscience de classe et politique élevée. Il gêne la combativité dans les luttes syndicales et politiques des travailleurs et leur organisation, préoccupés par l’exploration d’autres moyens, de manière permanente, pour obtenir un surplus de revenu à leurs maigres salaires et subvenir à leurs besoins familiaux et personnels.

28-  Ces  nouveaux  moyens  de  communication (le téléphone  portable  et l’internet) ont  montré  et  démontré  leur redoutable  efficacité dans les révolutions colorées à travers le monde, comme  dans  le  déclenchement du  « Hirak »  algérien  et  son évolution durant presque une année. Ils sont une arme à double tranchant, dont  il  faut  mesurer  le danger constitué par l’espionnage étranger et la manipulation sophistiquée.

29-  Durant les quatre scrutins des présidentielles correspondants au règne de Abdelaziz Bouteflika et même le 5éme avorté, certaines forces politiques participaient aux élections, alors que les masses populaires désertèrent de plus en plus celles-ci. Mais  étrangement, elles  appelèrent au  boycott des  présidentielles  du 12 décembre 2019, parfois  en usant   de   la   violence.  A  Oran,  une  jeune  femme   enragée   dans   un   échange  sur  facebook  avec  une   femme installée en France – plus âgée et expérimentée – qui étaient toutes les deux pour le boycott  de  ce  vote, divergèrent sur   l’usage  de  la  violence  contre  les  votants. La   plus  jeune  irritée,  voulant  convaincre la  plus  vieille, que  seul l’empêchement par la force physique des gens, pouvait l’annuler.

30- On a trop spéculé sur le caractère du « Hirak », s’il constituait ou non une révolution. Une confusion sera faite par le   leader  trotskyste   opportuniste  (le  journaliste-écrivain Hocine  Belalloufi) sur  le   caractère  révolutionnaire  du  « Hirak » et  celle  de  la définition  léniniste  de  ‘’la situation révolutionnaire’’. Comme  il  est  démontré  dans notre contribution, l’irruption des masses populaires et de la classe ouvrière sur la scène politique  nationale se  passe dans une nouvelle séquence  historique  ascendante  de  l’étape  de  la  révolution  démocratique  nationale  à  perspective socialiste que l’Algérie connait depuis la guerre de libération et d’indépendance nationale, après le long reflux qu’elle a vécu dans un contexte  mondial  de l’effondrement du camp socialiste des pays de l’Est (U.R.S.S. …), de restauration du capitalisme et de la mondialisation ou globalisation libérale.

31- Plusieurs travaux sont consacrés à cette problématique du capitalisme périphérique depuis Samir Amin.

32- Voir sur Youtube la vidéo divulguée sur l’échange téléphonique entre A. Sellal et A. Haddad.

33- L’idéologie antimilitariste (libertaire, situationniste, gauchiste, anarchiste…) présente l’A.N.P. – souvent sa haute hiérarchie, sinon tous ses corps  et dans son ensemble – ‘’ comme  une  caste  oligarchique  au-dessus  de  la  société s’appuyant sur le monopole des armes, dont l’hégémonie est constitutionalisée, régissant la société  voire une force sociale détentrice d’intérêts et de privilèges non négociables par elle, échappant  à  la loi, disposant  de  la  rente, et ravalant  la bourgeoisie au statut  de  classe compradore  parasitaire en  occupant son  espace.’’ (Khaled Satour dans son texte diffamatoire – sur son blog – contre Ahmed Bensaâda). Bref  au-dessus des classes ! Et cela depuis toujours, ou  du  moins  à   l’indépendance. Ce  courant,  empruntant  parfois   des  catégories  d’analyse  marxiste,  comme  le  trotskysme,  pond   des   thèses   dangereuses   et   paradoxalement  rend   un   service  inestimable  aux  armées  de l’O.T.A.N. et de l’impérialisme dans son offensive  destructrice  des  Etats-Nations, dont  la  colonne  vertébrale   est  constituée   par  leurs  armées  issues  de  la  guerre  d’indépendance nationale. La  réalité algérienne démontre que l’armée comme les autres institutions du pays est traversée par les contradictions sociales et politiques. Et  que  les luttes   en  son  sein, reflètent   les   clivages que  produit  l’évolution socio-historique. Le  « Hirak »  a  donné  lieu  à  des décantations qui n’ont épargné aucun corps et des généraux croupissent en prison ou sont en fuite.

34-  Voir l’alerte donnée, reprise sur la page facebook de Kayouche Abdelghani, en date du 11 avri 2019.

35-  La suprématie de l’Etat-major sur le DRS avait progressivement débuté en 2013 avec l’affaire de Tiguentourine.

36-  Une affiche sophistiquée d’Otpor a été remarquée en face de la cinémathèque d’Oran, alors qu’à Alger  une large banderole rouge avec le signe de la poignée de main en noir flottait sur la battisse de la carcasse d’un immeuble. Une vidéo montre l’intrusion des services de sécurité en civil dans l’enceinte universitaire pour arrêter  un  élément qui  a été localisé grâce à l’interception d’une communication téléphonique à Alger. Cette  vidéo  montre  des  étudiants en  colère, protestant  contre  cette  mesure  présentée  comme  un  « enlèvement »,  dans  la  1ère  phase  du  « Hirak ».

37-  Le pacifisme du « Hirak » est à relativiser, si on recense les tentatives de le faire dévier, durant toutes ses phases.

38-  L’attention  de  Bensaâda Ahmed  a   été   attiré, lui   qui  fait  un   excellent   travail   sur   la   problématique  des  révolutions colorées, avec une stricte rigueur scientifique, sur la photo de la ballerine qui avait fait  la une et  le  tour  du  monde, notamment à travers les medias français, Comme l’attention des animateurs du site raina.dz, qui  publia cette  photo, a  été  attiré  sur  le  fait  que  la  main  de   cette  jeune  danseuse Melissa  Ziad, dans  une  variante  de l’arabesque   ne   pouvait   être   fermée    pareil   au  signe   d’Otpor. La   photo  est  un  faux  fabriqué  et  qu’elle – la bayadère – n’est  pas  une  égérie  du  « Hirak »  dans  sa  première  phase (la scène date du 01 mars 2019), qui n’avait rien d’une ‘’révolution colorée’’.

39 – Voir sur Youtube la vidéo qui illustre une scène nocturne à Alger et comparer avec celle des pieds-noirs sur l’INA.

40 – La paysannerie laborieuse  et les ouvriers agricoles, dans  la  1ère phase  du  « Hirak »  par  vendredi, venaient  en petits groupes, aux chefs-lieux de Wilayas pour participer aux manifestations, dans les régions agricoles.

41- Les circonstances nouèrent une coalition tactique et conjoncturelle entre le  clan  de  Abdelaziz  Bouteflika  et  le défunt Ahmed Gaïd Salah, le premier manigançant afin d’éviter l’écueil de l’ex-D.R.S. pour  un  4éme  mandat, et  le second profitant d’une bonne occasion pour détruire un adversaire historique considéré comme  le  chef  de  file  du ‘’parti de la France’’ par les anciens maquisards de l’A.N.P. . Et lorsque le « Hirak » initié à ses débuts par les réseaux de l’ex-D.R.S. leur échappa pour s’autonomiser, de nouveau Saïd Bouteflika et le général-major Mohamed  Mediène dit Toufik s’allieront pour mater ce « Hirak » populaire authentique, qui trouva  un allié aussi puissant que le défunt Ahmed Gaïd Salah pour détrôner le clan de Bouteflika et détruire cette sainte alliance.

42- Dans une  contribution  en 2012,  on  avait  tiré  l’alarme sur  le  problème de  la  corruption  en  ces  termes : « le grave  fléau  de  la  corruption, au  sens  large, paralyse et   dérégule   complètement   toute   vie  sociale et  politique  saine. En  Algérie, elle  n’est  pas  uniquement  institutionnalisée de  facto ,  mais  socialisée  et   intériorisée  comme norme ; et dans sa genèse  elle remonte  à  la  guerre  de  libération  nationale  ,  comme  pratique au sein même des  rouages   des   instances  officielles  ( G.P.R.A. , M.A.L.G. … ) . Et  pour  extirper  ce  mal   qui  se  reproduit  d’abord  à  partir  des  hautes   sphères , ‘’  il  faut  vraiment  courir  ‘’, mais   c’est   bien   la  seule  issue   d’un   salut  patriotique   et   d’un   combat   multiformes  sur  tous  les  plans :  politique,  morale,  religieux,  éthique,  économique,  répressif, pédagogique… Et même lorsqu’elle est  subie  pour la majorité, elle n’est pas rejetée. En tout cas, à mon humble avis, elle  mènera  inéluctablement  à  la  dislocation  de  l’Algérie,  comme   facteur  fossoyeur  principal. A   l’instar  d’une  métastase généralisée, elle rongera le tissu social et minera le jeu politique.»

43- La sainte alliance Saïd Bouteflika – Toufik, ayant perdu le premier round, changea  de  tactique  avec  ce  tournant.

44- Le dégagisme est favorisé par la bourgeoisie. Il escamote la lutte de classe et la  remise  en  cause  du  capitalisme.

45- La nature du pouvoir algérien et sa structuration ont fait qu’une coexistence de  ses  trois  principaux  pôles  et  la compétition  entre  eux  pour  l’hégémonie  sont  continues. Ce  n’est  pas le « Hirak »  qui  ‘’accusa des personnes’’ – entendre le défunt  Ahmed Gaïd Salah – mais  c’est  Saïd Saâdi qui  s’attaqua  à  l’Etat-major  de  l’A.N.P. à  travers  la  personne  de  son  chef, dés  le  moment  où  celui-ci  lancera  la   lutte  contre  la  corruption  et   fera  arrêté  certains oligarques (Issad Rebrab), ensuite des ministres et généraux à leur tête Mohamed Mediène dit Toufik…

46- Même  Louiza  Ighilahriz, la  sénatrice  démissionnaire  contre  le  5éme  mandat, soutenant  le  candidat  de  l’Etat  profond Ali Guediri, s’opposa à l’arrestation  d’Issad Rebrab parmi la  levée  de  bouclier  solidaire avec  cet  oligarque, dont feu Belaïd Abdesselam – chef du  gouvernement  en 1993 – dénonça  publiquement  les  méfaits  avec  le  général Mohamed Touati et tout le groupe partisan de l’accord avec le F.M.I.  et la Banque Mondiale. L’hebdo-libéré avait été lâché  sur  le  1er  ministre,  qui  dans  un  long   article  en   deux  parties, lui  régla  son  compte. Procédé  en  règle  du   D.R.S.,  utilisé   pour  faire  démissionner  tout   haut  responsable  autonome, qui  échappa  au  contrôle  du   système  mafieux  instauré et dénoncé par feu Mohamed Boudiaf.

47- Saïd Bouteflika misa dès 2001 sur une alliance avec Benjamin Stora, le conseiller présidentiel français, en l’invitant au  colloque organisé  étrangement  par  la  fondation Asselah  sur  l’histoire  de  l’E.N.A.. L’objectif  immédiat  était  la  préparation  de  la réhabilitation de feu Messali Hadj, à laquelle contribua aussi  Abdelmadjid Chikhi  qui – grâce à ses manœuvres –  sera    promut   par   le   clan   Bouteflika  au  poste   de   directeur   des   archives   nationales. Le   point  commun  entre  B. Stora  et A. Chikhi est l’anticommunisme, malgré tout ce qui les sépare.

48- Déclaration du P.A.D.S. en date du 24 février 2019 ( Texte  sur le bulletin électronique : le lien ).

49- Le général Khaled Nezzar, en voyant dans quel sens le vent tournait, qui tenta de se démarquer publiquement de la nouvelle sainte alliance alors qu’il y était impliqué, pour sauvegarder les intérêts de  sa  progéniture  et  sauver  sa propre peau, se verra contraint  de  s’exiler. A  la  fin  du  mois  de  juillet  2019, un  document  anonyme  intitulé ‘’La véritable histoire de la lutte entre A.G.S. et K.N.’’ signé par  le  F.E.N.E.C. (Front  pour  l’Évolution Nationale et  l’Éveil Citoyen) est balancé sur internet et circula par email.  Les initiales sont ceux du chef d’Etat-major A.G.S. et  les  siens K.N. . Mais on n’entendra plus parler de cet étrange front. L’éloge  du  général  et  de  son  rôle  pour  une  deuxième république transparait dans ce long texte où tous les noms sont  donnés  sous  formes  d’initiales  que  j’ai  tenté  de déchiffrer avec succès. Il nous révèle en Nota Bene que presque c’est  lui  qui  est  derrière  l’appel  anonyme  du  22 février  2019  par  cette  phrase : ‘’… cette  contribution à  la vérité, ne pourra  qu’assurer davantage  vos convictions quant aux acteurs ayant préludés au réveil populaire.’’ Il confirme l’impact des réseaux de  l’ex-D.R.S. sur  la  société après le limogeage  de son chef, et  présente  le  défunt  chef  d’Etat-major  et  son  allié  le  général  Mohamed Gaïdi derrière l’offensive qui entrava le plan de Khaled Nezzar pour une deuxième  république, à  travers  la  tentative  de création d’une chaine de T.V. ‘’ETHANIA’’, pour faire émerger de futurs leaders  du  mouvement  populaire. Il  tente d’expliquer la stratégie électorale préconisée dés juillet 2018  avec un faible argumentaire.

50-  Mohamed Taje, « Hirak » en Algérie, entre réalité et manipulations, Tunis, le 2 avril 2019 (sur Google).

51-  Ivan Dmitriévitch Kovaltchenko, Les alternatives dans le développement de l’histoire, revue des sciences sociales, Moscou, 1986, p. 111, 112 et 113. En été 1989, j’avais donné un cours  d’histoire de vulgarisation sur ‘’ la théorie des alternatives historiques’’ dans l’école régionale des cadres du PAGS à Oran, sur la base de ce  document fondamental de la théorie marxiste-léniniste, reflétant le degré de la recherche dans son approfondissement en U.R.S.S. Alors qu’il y’avait en parallèle l’offensive destructrice gorbatchévo-eltsinienne, sournoise et déguisée sous couvert de ’’ glasnost et perestroïka’’, que la direction de notre parti (et d’autres dans le monde), prenait naïvement pour un renouveau du socialisme et sa consolidation par la correction des erreurs du passé.

52- Constat fait chaque mardi à Oran et à Alger par des camarades, dans la seconde phase du « Hirak ».

53- Divers médias ont rendu compte de ces manœuvres militaires algéro-russe en méditerranée et de l’appui chinois.

54-  Voir cette scène sur Youtube. La vidéo nous montre R. Nekkaz et ses collaborateurs obligés de fermer la fenêtre du balcon d’où ils tentèrent de se faire applaudir. Les jets de toutes sortes d’objets les feront fuir.

55- Hocine Belalloufi  classera  l’opposition  ultralibérale (Issad Rebrab …) parmi  les  forces  populaires ! Pour  lui – qui avait refusé de dénoncer l’intervention agressive de l’impérialisme américain contre la Syrie en 2013 avec ses amis du ‘’rassemblement de gauche’’, sous le prétexte qu’elle est dirigée par ‘’un dictateur’’- en Algérie, à  l’orée du « Hirak », les forces de l’alternative démocratique et du changement sont le P.S.T., le P.T. et le F.F.S. ! Quelle funeste analyse et fumisterie politique de la part d’un flibustier. Le crédo des trotskystes c’est l’amalgame  comme  vient  de  le  prouver l’historien Grover Furr dans son ouvrage magistral : ‘’Les amalgames de Trotsky, Editions Delga, Paris 2016’’. Bien  sûr qu’une masse importante de jeunes militants sincères sont influencés par ce courant – il faut faire  un  travail  patient en leur direction – , grâce à la propagande de ces idéologues encouragés par  les  officines  de  l’impérialisme, surtout après l’effondrement de l’U.R.S.S. et du camp socialiste.

56- Alors que la population en Kabylie est sortie en liesse, à l’instar de toute l’Algérie et de tous  les  algériens  dans  le monde, fêtait la victoire de la coupe d’Afrique, les principaux activistes  dans  cette  région  ont  ignoré  l’événement ! Cette fois-ci c’est l’Etat-major de l’A.N.P. qui avait mis le paquet pour soutenir l’équipe nationale, alors que la victoire précédente avait été fêtée par eux, parce que c’était l’ex-D.R.S. qui pilotait l’opération à travers l’ancien président de la F.A.F. Mohamed Raouraoua et ses officiers !

57- L’icone du « Hirak » dans sa seconde  phase  Lakhdar Bouregaâ a, en  apparence, un  parcours  d’éternel  opposant d’avant   l’indépendance  nationale,  parfois   controversé. Il    connaîtra   une   fulgurante   promotion   au   grade   de commandant de l’ALN en 1960, juste après l’affaire dite Si Salah qui  aura  pour  conséquence la  liquidation  physique des officiers supérieurs du conseil de la Wilaya IV ses principaux protagonistes, mais survivra à sa décapitation d’Août 1961. Pendant la crise fratricide de l’été 1962, cette Wilaya adopta  au  début une  attitude  neutraliste, mais  Lakhdar Bouregaâ s’alignera avec le groupe de  Tizi Ouzou autour  de feu  Krim Belkacem  et feu  Mohamed Boudiaf  contre  le groupe de Tlemcen auquel appartenait feu  Amar Ouamrane et feu  Mohammedi Saïd. Il  suivra  ce  premier  en  1963 après la création de l’éphémère U.D.R.S. en clandestinité, ensuite feu Aït Ahmed qui fondera le F.F.S..  Il sera épargné par la répression qui s’était abattue sur l’O.R.P. après le coup d’Etat du 19 juin 1965. Il  aidera  Tahar Zbiri  en  1967  à  se cacher et s’enfuir, après l’échec de son coup d’Etat. Cette affaire ne lui sera  reprochée  qu’après avoir  été  mêlé  à une rencontre avec le  chef  du  M.D.R.A. en  1968, feu  Krim  Belkacem. Arrêté  en  juillet de  la  même  année, il  sera  condamné pour les deux affaires à  30 ans de prison  pour  avoir  participé  à  la  tentative  de  renverser  le  président défunt   Houari   Boumediene   et   de   son   assassinat. Torturé   atrocement, comme   il  le  relate  dans  son  ouvrage autobiographique, il sera gracié et libéré le 1er novembre 1975…Il participera  avec  les  19 ‘’personnalités’’ dont  3  se sont retirés en novembre 2015,  pour adresser une  lettre  au  président  Abdelaziz Bouteflika. C’était  au  moment  du limogeage de « Rab Dzaïr », qui était certainement derrière cette initiative, au vu  de  la  composante  des  signataires  de cette missive rendue publique.

58- Hocine Belalloufi qui est devenu l’idéologue non seulement des trotskystes, mais aussi  de  plusieurs  renégats  de l’ex-PAGS  qui   trouvent  en  lui  la  roue  de  secours  justifiant  leur  déviation,  récidive   par   l’amalgame  dans   une interview  au  journal  El Watan  où  il  inverse  la  cause  par  rapport  à  l’effet  en déclarant que  la  crise  politique  a  été  provoquée  par  le  « Hirak » qui  a  duré  une  année, sans  distinguer  entre   ses  phases  d’évolution ! Alors  que c’est bien la crise politique et  institutionnelle  qui  a  induit  le  soulèvement  populaire salutaire. Il renie la  déviation du « Hirak » en  le mythifiant et  le  caressant  dans  le  sens  du  poil  et  en  considérant  le  danger  de  l’intervention étrangère comme potentiel et non réel. Le  soutien  de  Macron  au  clan  Bouteflika  pour  un  5éme  mandat, ensuite  pour  le   prolongement   du    4éme,  jusqu’à    la    dernière    minute    contre    la    volonté    populaire, l’activité   de l’ambassadeur   français, ouvertement   assistant  la  sainte  alliance  entre    Mohamed  Mediène  dit  Toufik   et  Saïd Bouteflika, l’opposition de  la France  déclarée  au scrutin du  12 décembre 2019  etc. tout  cela est-il  une  simple  vue de l’esprit ..?  Il est nécessaire de lutter contre ces déviations.

59-social-démocratie française (dont le P.C.F.)  s’illusionne  à reformer l’U.E. impérialiste. L’Algérie doit se dégager impérativement de l’accord contracté durant le règne de Bouteflika, qui la lie à cette entité, et non le réviser.

60- Tout un dossier – sur internet – en arabe  est réservé  à  cette  histoire  révélée  publiquement  avec  l’énigmatique    personnage de Mohamed El Ouali dit « Maréchal le Chat » de la région de Mostaganem, mort dans des  circonstances douteuses  à  Glasgow  en  Ecosse. Lakhdar Benkoula a pris sa  relève  sur  facebook pour  distiller  une  idéologie anti-kabyle, comparable à celle anti-arabe du courant berbéro-sioniste, toutes les deux venimeuses.

61- Il est judicieux de rappeler, pour l’histoire, que le rapprochement discret (voire secret) d’un  segment  du  pouvoir algérien avec l’entité sioniste s’était fait durant la décennie rouge de  la  lutte  contre  le  terrorisme, par  le  biais  du R.C.D. dirigé par Saïd Saâdi, qui s‘était affiché avec B.H.L. ouvertement en France où  il  vit  actuellement. A l’époque, en 1996 Khalida Toumi (ex-Messaoudi) la nièce du rouquin, députée du R.C.D. s’était déplacée en Israël avec son ami Elisabeth Shemla, où elle avait été reçue par Shimon  Perez  président  du  soi-disant Centre  pour  ‘’la paix‘’ et  David Levy le ministre des affaires étrangères.  Cette visite n’avait donné lieu à aucune contestation de la part  du  pouvoir! Elle était certainement inspirée par le chef du D.R.S., ‘’Rab Dzaïr’’. Une fois Abdelaziz Bouteflika intronisé au pouvoir, il recevra à la présidence Elisabeth Shemla  en  compagnie de  son  amie  promue  ministre  de  la  culture  du  R.C.D., Khalida Toumi, qui était par ailleurs une amie intime et alliée fidèle  de la  chef  du  P.T.,  Louisa  Hanoune  depuis  au moins  le  mouvement  féministe  de 1982.  (Voir : Elisabeth Shemla, Mon journal d’Algérie, novembre 1999 – janvier 2000. Editions Flammarion, Paris 2000).

62-  Cet emblème (avec ses dérivés) qui est  né suite à un très  long processus, pour s’ériger  en  mythe  fondateur  du berbérisme (dont le kabylisme), ébranlent les fondements symboliques de l’Etat-Nation et  du Maghreb. Il  reflète  la crise d’intégration de la Kabylie à cet Etat-Nation, instrumentalisée par les forces antinationales et impérialo-sioniste, afin de le disloquer et de le détacher du mouvement de  libération  nationale  arabe, dont  la  question  palestinienne demeure  le nœud gordien. La 3ème et dernière phase du « Hirak » dominée par  la collusion de la nébuleuse politique islamo-berbériste démontre que le but commun de ces deux mouvances est la destruction de l’Etat-National.

63-  Ce sondage a été fait ouvertement sur la page facebook de Merzoug Touati qui s’est fait mieux démasquer.

64- Saïd Saâdi est l’auteur d’un premier livre intitulé ‘’l’échec recommencé’’. Il le  rééditera après l’assassinat de  feu Mohamed Boudiaf, président du H.C.E., qu’il avait critiqué et mis dans le même sac que  les autres personnalités qui ne lui plaisait pas dans la première édition. Et comme il semblerait que le défunt projetait de  le  nommer  chef  d’un nouveau gouvernement, il effacera la trace de cette critique et la remplacera par des éloges dans la seconde édition. Parrainé par l’ex-chef du D.R.S., il jouera consciemment le  rôle  du  lièvre, lors  du  scrutin  présidentiel  de  1995, où Liamine Zéroual avait été largement plébiscité – le P.A.D.S. étrangement, par une  tactique  électorale  erronée  avait soutenu sa candidature, alors que le regretté Abdelhamid Benzine  s’en démarqua publiquement –  et  on  réservera  un quota important de députés et autres ‘’élus’’ à son parti le R.C.D.. Il collabora en compagnie de Khalida Toumi, au rapprochement avec les soutiens de l’entité sioniste en France, notamment Bernard Henri Levy  (le natif de Béni Saf) et elle, en voyageant discrètement à Tel Aviv, en qualité de députée  du  R.C.D. (et  d’auxiliaire de la  police politique parrainée  par  son oncle maternel,  en  1996. Avec  le  règne  imposé  de  Bouteflika, Saïd Saâdi  fera  participer trois ministres  de  son  parti   au  gouvernement.  Cette   alliance  sera   disloquée  par  le  ‘’printemps noir’’  d’avril  2001, l’événement douloureux qui avait vu  faucher  la  vie  à  près  de  126  jeunes morts et des milliers de blessés.

65- La période où la Kabylie avait connu une accalmie relative, dans l’histoire post-indépendante de l’Algérie, est celle de feu le président Houari Boumediene de 1966 à 1978. Le courant berbériste, soutenu par la France néocoloniale en sous-main, avait fomenté des actions terroristes contre les représentations algériennes en France et tenté  d’autres à Alger, Oran etc. Auparavant, feu Krim Belkacem, s’appuyant sur l’aide américaine et de l’entité sioniste en 1968, avec des commandos du MDRA, tentera de renverser par la force armée le pouvoir. Mais la Kabylie  bénéficiant  d’un  plande  développement  diversifié  consistant, connaitra  une  stabilité  grâce  à  la  politique  révolutionnaire  du  pouvoir, malgré ses limites et où l’élite kabyle joua un rôle important avec à sa tête feu Mohamed Saïd Mazouzi.

66- Dans un post de facebook, titré ‘’Ceux qui assimilent l’A.N.P. à l’A.L.N.’’, l’éditeur Boussad Ouadi, ancien gérant de la  librairie  El  Idjtihad  s’interrogea  ironiquement: ‘’ Peuple et  A.N.P.  khawa-khawa ? ’’  Et  trancha :  ‘’Ceci  est  une mystification totale du point de  vue  des  faits’’. Il  se  hasardât  en  histoire, comme  d’autres  politiciens, à  partir  du prisme   idéologique   berbéro-trotskyste   et   par  anachronisme situa  ‘’ la bataille d’Alger ’’  avant  le  congrès  de  la Soummam  qu’il  sublime, en  intériorisant  le  fait  que  c’était  une  action  armée  et   croyant  aussi  que  l’affaire de Melouza précéda ce congrès. Et enfin tira  la  conclusion que  la  leçon  tirée  à  partir  de  ces  expériences  poussa les dirigeants à affirmer ‘’la suprématie du civil sur  le  militaire’’ !  Examinant les  faits, comme  il  le  souhaite. Les  deux événements ont eu lieu après le congrès de la Soummam qui s’était tenu du 20  août  au  5  septembre  1956. La  dite ‘’bataille d’Alger’’initiée par le F.L.N. était en fait une grève politique pacifique, à laquelle le colonialisme répliqua par une action armée des parachutistes ; l’affaire Melouza a eu lieu le 28 mai 1957  que  l’A.L.N.  entreprit  pour  punir les soutiens du M.N.A. et son armée de Bellounis. Ce n’est pas le lieu ici de détailler plus ou d’examiner s’il y a eu erreur de la  part  du  F.L.N.- A.L.N., comme  le  suggère  la  réflexion  erronée  de  l’auteur  de  ce  post. Et  il  entretient  une confusion –  à  l’instar  de  ceux  qui  sacralisent le  congrès   de   la   Soummam ( Saïd Saâdi en premier lieu ),  héritage historique instrumentalisé actuellement à des fins de conquête du  pouvoir  politique –  sur  les  concepts. La  décision retenue était celle de la primauté de l’intérieur sur l’extérieur et du politique (non du civil) sur le militaire. L’évolution de la situation après la dite ‘’bataille d’Alger’’ remis en cause le  premier  principe  lorsque  le  C.C.E. s’exila, y  compris feu Abane Ramdane, alors que le chahid Larbi Ben M’hidi fut  arrêté  et  assassiné. Par  contre  le second  principe, en pleine guerre de libération et  au  niveau  des  Wilayas fut  cumulé  avec  le  rôle  du  militaire au  niveau d’une  même personne, le colonel politico-militaire, qui avait trois  commandants  adjoints : politique, militaire  et  renseignement-liaison. La vie  faisait  que  les  moudjahidines étaient  des  militants  en  armes… La  même  répartition  des  fonctions régissait les niveaux subalternes (Je reviendrai sur le sujet dans une contribution spécifique relative au congrès  de la Soummam tellement galvaudé à l’occasion du « Hirak »).

67- Plus que toute  autre  communauté  algérienne, celle de  la  Kabylie  avait connu  non  seulement  un  phénomène d’émigration vers l’Orient (Biled Echem) depuis 1831, ensuite migratoire interne surtout vers l’Oranie, région  la  plus européanisée et enfin la France ou la métropole, vers la fin du 19éme siècle en s’amplifiant plus après  la  1ère  guerre mondiale. Et bien sûr vers les pays du Maghreb, comme le Maroc où la Tunisie sous protectorat français.

68- Husseïn Mroué, la shou3oubiya dans  l’histoire  arabe (in comment connaitre notre patrimoine), 2ème  édition  en arabe, Mouassasset El abhath El ‘arabiya, Beyrouth, 1986, p 257 à  262.

69- Le trio dirigeant du  M.D.S.  avait  toujours  imposé  au  conseil  national  et  contre  la  volonté  majoritaire  de  ce mouvement, la participation au scrutin  présidentiel  durant le  règne  de  Bouteflika. Le  candidat Fethi  Guerras, son porte-parole, participa à la compétition du 18 avril 2019 annulée dans la phase des  signatures  nécessaires  à  réunir, dont il n’avait pas  réussi à avoir le nombre  suffisant pour  prétendre être candidat. Il  s’opposera avec  acharnement  aux présidentielles  du  12 décembre 2019,  dans  une  alliance de  l’alternative  dite  démocratique  douteuse. Yacine Téguia, son secrétaire général, vient récemment dans un post sur facebook à la rescousse ‘’des ténors du Hirak’’(Addi Lahouari  et  consorts),  s’attaquant  gratuitement  à  Ahmed  Bensaâda  et  surtout  Mohamed  Bouhamidi  dans  une polémique stérile et amalgamée. A cours d’arguments, il prétend vulgairement les confondre avec Amar Saïdani, l’ex-S.G. du F.L.N. retourné de l’ex-D.R.S. au profit du clan Bouteflika, dans une analogie parallèle anachronique!

70- La situation en Kabylie avait échappé à tout contrôle de  l’Etat, comme  le  démontrera  le  jour  même  du  scrutin présidentiel. La violence utilisée et  la prise en otage de la population illustre bien la dualité du pouvoir qui  s’instaura avec un avantage de celui de l’opposition et des séparatistes. La  langue  arabe  officielle  est  gommée  de  toutes  les plaques et panneaux d’indication routière.  C’est la dérive totale du « Hirak » dit pacifique !

71- Le déni de la réalité par les opposants aux présidentielles  du 12 décembre 2019, atteindra  son  summum  avec  le cortège funèbre de feu Ahmed Gaïd Salah, chef d’Etat-major. Une marée humaine rappelant celui de feu  le président Houari Boumediene ou du chahid Mohamed Boudiaf. La collusion avec l’Etat français était frappante.

72- Les  manifestations  du  « Hirak »  du  21  et  22  février  2020,  observées  directement  à   Alger – comme celles  du     8 novembre  2019 – après  l’écoulement  d’une  année, avaient marqué  les  deux  grands  moments  du  « Hirak » à  sa troisième phase dominée par les islamistes et à sa seconde phase dominée par le P.A.D.. On avait l’impression que les autorités donnèrent l’instruction de laisser libre cours aux marches. Le drapeau  berbère  qui  était  interdit  et  même celui de ‘’Daech’’ noir se côtoieront le long des cortèges, que ce soit celui venant de la place du 1er mai et empruntant le boulevard Hassiba Benbouali ou la rue Didouche Mourad allant vers  la  place  Maurice  Audin  et la  Grande  Poste. Déjà la matinée, avant les manifestations, des hordes  d’islamistes  s’entrainèrent  avec  leur  accoutrement  habituel comme des commandos, que des éléments  du  B.R.I. encerclèrent  dans  une  course poursuite. Des  groupes  soudés hisseront les portraits d’Ali Belhadj et d’autres celui de l’ex-président égyptien Mohamed Morsi …

73- Les événements du ’’printemps arabe’’ et d’ailleurs prouvent que ce n’est que relativement que ‘’ la politique du régime  ’’ constitue ‘’ le  principal  agent  de  déstabilisation ’’, des   alliés  de  l’impérialisme furent  sacrifiés  comme             en  Egypte, en  Tunisie… En conclusion, le  trotskyste  Hocine Belalloufi qui crée  encore  l’amalgame  entre  la  vision complotiste et la nécessaire vigilance, s’approprie la paternité de nos idées et propositions d’orientations générales d’une alternative politique qui découle de l’analyse de la situation actuelle.

74- En  2012, suite à  une  conférence  d’histoire  donnée  à  l’occasion du  1er   novembre, sur  le  témoignage  de  feu Mohamed Boudiaf. Dans le débat, la discussion avait débordé sur le sujet de son assassinat et la thèse que  François Mitterrand  en  était le  commanditaire avait été  avancé avec un  argumentaire fondé sur l’histoire.

75-  On peut illustrer par les réseaux de la progéniture de ses éléments établie en  France et  récompensée  en  plein « Hirak »   par   l’Etat   français, mais  qui   exerce   une  influence  importante  sur  des  jeunes  en  tant  qu’activistes d’obédience trotskisante sur la toile.

76-  Il suffit de se référer aux pages facebook de ceux qui sont cités pendant cet épisode, pour se rendre  compte  soi-même de cette vérité amère. L’un deux parle même de solidarité internationaliste du Parlement Européen !

77- L’activiste des droits de l’hommisme Fekhar Kamel Eddine était passé du F.F.S. au Mouvement dit  de l’autonomie du Mzab. Il s’illustrera par une lettre publique adressée au S.G. de l’O.N.U. demandant son intervention  contre  l’Etat algérien  pour  son  paisible ‘’peuple mozabite’’ qui  vit  une  oppression  depuis 1962 ! Rares sont ceux qui savent que cette activiste avait  un  parent  haut protecteur  qui  le  tirait  d’affaire à  chaque  fois  qu’il  avait des  ennuis  avec  la sécurité et la justice sur une question sensible qui touche à l’unité  territoriale  de  l’Algérie. Ce  personnage, membre influent  des  réseaux  de  l’Etat profond (ex-D.R.S.)  était  le  doyen  de  l’institut  d’histoire  d’Oran – Fekhar Brahim – président de l’Union Nationale des Historiens Algériens, indétrônable depuis le temps du parti unique. Il  sera député du R.N.D. et finira sa carrière en qualité de  sénateur du  tiers  présidentiel  pendant  le  règne  d’Abdelaziz  Bouteflika  -deux mandats- jusqu’à sa mort. Un anticommuniste  et  proaméricain. Ce  n’est  qu’après son  décès  que  son  neveu  Kamel Eddine  avait  été  inquiété,  à  cause de  son  activité  portant  atteinte  à  l’intégrité territoriale de l’Algérie, en appelant à l’ingérence étrangère, sous le paravent de la lutte  pour les droits de l’homme.

78- Bien avant, depuis au moins 2011, dans des contributions sur l’histoire nationale et politiques, l’attention de nos compatriotes, des  ami(e)s et camarades est attirée sur les convoitises de l’impérialisme qui  se  prépare  à  disloquer l’Etat-National algérien, quelques soient les déclarations officielles, en appelant à la lutte et  à la  résistance, pour le préserver sur internet et auparavant, par la diffusion directe.

79- La   Turquie   islamiste  se  dispute   avec  la  France  l’hégémonie  de  l’influence  multiple  (économique, politique, géostratégique et militaire) sur leur ancienne sphère de domination coloniale du monde  arabo-musulman, y compris l’Algérie,  en  s’appuyant sur  le   mouvement   des   frères   musulmans  du   M.S.P.   et  le   courant  Rachad  qui  s’est particulièrement renforcé dans la troisième phase du « Hirak »,  en s’alliant avec  une variante  du courant berbériste et   culturaliste. Sachant  l’appartenance  de  ces  deux  puissances  méditerranéennes  à  l’O.T.A.N., leur  alliance avec l’entité sioniste et leur rôle dans la destruction relative de la Syrie résistante (toujours en cours) et  celle  de  la  Libye  en voie de partition, l’Algérie doit demeurer sur ses gardes en  renforçant  d’abord le  front  intérieur  de  la  cohésion politique et militaire (populaire), ainsi qu’une action diplomatique intelligente visant coûte  que  coûte  à  éloigner  le spectre de la guerre de nos frontières.

80- A l’occasion du 01 mai, le P.A.D.S. souligna dans sa  déclaration l’échec  du  mouvement  populaire  du  22  février 2019 qui ‘’n’a pas  réussi à  déboucher sur le  remplacement  du  régime  de  la  clique  de  Bouteflika  par  un  régime démocratique révolutionnaire dirigé par la classe ouvrière, ses  alliés, les  couches sociales populaires’’…’’ à cause de  la faiblesse politique de la classe ouvrière’’, alors que  cet  objectif  n’a  jamais été  revendiqué  publiquement  par ce mouvement et ne pouvait, à mon avis, être fixé au soulèvement dans un rapport  de  force  défavorable. Il  demeure toujours un but à atteindre – celui de la conquête du pouvoir – par la voie de la révolution socialiste.

81-  Décréter le 22 février journée nationale de la fraternité et de la cohésion peuple-armée contre le néocolonialisme et pour la défense de l’Etat-National, doit se traduire par une politique générale et socio-économique antilibérale.

82-  C’est le contenu du projet de déclaration fait à la veille du 1er novembre 2019, reflétant l’orientation générale qui doit, à notre humble avis, guider l’action du front anti-néocolonial dans le contexte d’aujourd’hui.

83-  Des propositions écrites sont faites par les camarades de la « Voie Communiste », du PADS, du CNS, du ‘’PCA’’ et d’autres à titre individuel, parfois elles se croisent et  se  complètent. Elles  constituent  de  précieux  matériaux  qu’il faut synthétiser pour arriver à élaborer le programme des partisans du socialisme dans cette phase particulière.

84- Le  P.L.D.,  dont  le douteux  président, Moulay Driss Chentouf, avait  été  un  membre  coopté  du  C.N.T.  en  1994 comme   Zoubida  Assoul  et  compagnie, après  s’être  coalisé  en  tant  que  partenaire  du  P.A.D.,  avec  les  courants islamistes et berbéristes depuis la seconde phase du « Hirak » jusqu’à sa suspension, il vient de  divorcer tardivement avec cette  coalition. Sa ‘’laïcité’’, franciste  et  greffée, cache en  fait  une  analogie  frappante  avec  celle  de  Djemila Benhabib  (l’islamophobe), la  fille  de  son   vice-président, franc-maçon  pro-sioniste  qui  a  dernièrement   visité ‘’ la nouvelle   capitale  d’Israël  :  Jérusalem ’’ – El Qods –  dans   l’enceinte  même   de  l’ambassade du  Canada  son  pays d’adoption. Une sympathie à peine voilée lie le chef du P.L.D.  et  celui  du  M.D.S. d’Oran, Saïd Kateb  à  cette  femme pour laquelle ils ont fait la promotion  de ses livres soi-disant dans  un  but  commun anti-islamiste, mais  jamais  anti-néocolonial et antisioniste ! Cette  femme  a  du  mépris  vis-à-vis de  tout  un  peuple (palestinien)  qui  lutte  pour  sa libération du joug colonial. Ceux qui lui font la promotion ne  sont  pas  fondamentalement  trop  différents  d’elle. Le chef  du  P.L.D. et son adjoint, qui flirtèrent hier avec Mohamed Sifaoui le pro-sioniste, et aujourd’hui avec Saïd Saâdi le social-libéral ami de B.H.L. en  hissant l’épouvantail de  l’intégrisme, s’attaque honteusement  et  vicieusement  au seul héritage globalement positif de l’Algérie indépendante – malgré les erreurs et les insuffisances – celui  du défunt président  Houari Boumediene  dont nous, les  communistes  algériens,  nous  nous  réclamons  fièrement  (surtout  la période   1972-1978).  La   France   et   ses   alliés, en   appui  sur   la   3éme   force,  sont   derrière   son  assassinat  par empoisonnement ici même en Algérie. Chentouf invente  de faux témoignages  livrés  aux  jeunes  sur  la  relation  du P.A.G.S. avec ce révolutionnaire attaqué par ses amis de  la social-démocratie, libéraux, berbéristes  et  les  islamistes qu’il prétend combattre. Le transfert des activités de cette féministe  du Canada  à  la  Belgique (siège de l’U.E.)  n’est pas fortuit. Il reflète l’appartenance à un puissant réseau, (celui de  la Franc-maçonnerie) pro-sioniste ; l’invitation de Mohamed Sifaoui, pour une prochaine conférence «Sur l’islam politique» à Bruxelles, médiatisée par D. Benhabib sur sa page facebook, nous renseigne sur la coordination de l’activité de ces partisans de la « laïcité » made in France.

85- Les illusions  sur  la  voie  parlementaire  et  électorale  en  général  s’estompent, avec  l’expérience  historique  de  «l’eurocommunisme» et celle récente de l’Amérique latine, dans le contexte de la mondialisation impérialiste.

86- L’information qui a fuité  de  milieux  proches  de  certains  candidats, se  confirme  par  l’acharnement  des  forces opposées aux présidentielles qui rejettent les résultats, parce qu’elle leur est parvenue de source intérieure  infiltrée.

87- La profusion du drapeau  national, sous  diverses  formes, à  pris  une  ampleur  inédite. Symbole  de  l’Etat-Nation issue de la guerre d’indépendance nationale, dont les masses populaires se sont appropriées  massivement  durant le « Hirak », comme bouclier contre la tentation répressive. Il rapprocha l’ANP et son Etat-major, dont  les membres  de tous grades, le lèvent et saluent quotidiennement, du peuple et sa jeunesse, faisant ressurgir  le  souvenir  des  inouïs sacrifices consentis pour lui, dans les luttes  pour l’indépendance nationale contre  le colonialisme. Au plan psychique et morale, il est  le substrat  de  la  conscience nationale ; comme  au  plan  politique, il  représente  le  fondement  du caractère républicain de l’Etat-National, dont le clan-régime Bouteflikien tenta de remettre en cause en projetant une succession de type  népotique et clanique, s’appuyant sur  les  trois  pays  U.S.A.,  France  et  E.A.U.,  qui  ont  parrainé extérieurement son intronisation à la présidence en 1999 et continuent de le protéger contre toute poursuite.

88- Continuant son amalgame habituel et voulant nier le changement de cap du  « Hirak », Hocine Belalloufi  justifiera  par le fait qu’une fraction du pouvoir (sous-entendue celle du Chef d’Etat-major) avait changé de cap en  appui sur lui,  pour  ‘’renverser  la  fraction  Bouteflika’’  après  avoir  soutenu  le  5éme  mandat ! Les  faits  sont  têtus, dixit  Lénine.     Nous  avons  démontré  plus haut que c’est le D.R.S. qui  avait parrainé la  candidature et  soutenu  les  trois  premiers  mandats  du président imposé. Le poste de  chef  d’Etat-major  est  revenu  au  défunt  Ahmed Gaïd Salah  alors qu’on  allait  le  mettre en retraite en qualité de  chef  des  forces  terrestres, poste  auquel  il  avait  été  promu  par son  allié  Liamine Zeroual  qui était ministre de la défense en 1994. L’opposition au second mandat de feu le général Mohamed Lamari  et  son  échec,  l’avait  fait  éjecté  ( poussé  à  la  démission ), et   remplacé  par  le  défunt  Ahmed  Gaïd  Salah  auquel  revenait ce poste automatiquement. Le  D.R.S.  avait  l’hégémonie  toujours  sur  le  reste  des  deux  pôles  du pouvoir. Le quatrième mandat, contrairement à la propagande dominante  et  aux  apparences  est  le  résultat  d’une  mésentente  entre  lui  et  le  chef d’Etat-major sur un successeur et la prééminence qui avait entretemps  changée au  profit  du  chef  d’Etat-major qui  renforça  sa  position  au  sein  de  l’armée,  en  devenant  aussi  vice-ministre  de  la  défense   en  raison  de  l’accident handicapant du  président  qui  détenait  la  fonction de ministre de  la  défense. Le  clan  présidentiel  avait déjà  éliminé feu Ali Tounsi (du clan du D.R.S.) opposé  à  un  éventuel  troisième  mandat dès  le  début  et  éventuellement  feu  le  général  Smaïl Lamari, l’adjoint-chef du  D.R.S. qui  était  lui  aussi  contre  toute  modification  de  la  constitution  sur  le nombre de mandat présidentiel, ce qui avait forcé son chef de file à rempiler  pour  un  troisième  mandat. Le   clan  de  Bouteflika  avait  mis  en  place  une  redoutable  police  politique  parallèle  dès   2003   dirigée  secrètement   par  Yazid  Zerhouni.  Le  rapport  de  force  ne  lui  avait  pas  permis  d’en  faire  le coordinateur de l’ensemble des  services de sécurité en qualité  de  ministre  de  l’intérieur. Sachant la  lutte  à  mort entre le  chef d’Etat-major et  vice-ministre de  la  défense et le patron du D.R.S. ‘’Rab Dzaïr’’ qui avait forcé son allié historique Liamine Zeroual à  démissionner  de  la  présidence  avant  terme, Saïd Bouteflika  le  dauphin  qui  voulait remplacer officiellement son frère aîné trouva face à son ambition une opposition des deux autres  pôles du pouvoir, mais de facto il régna sur la présidence. Après l’écartement du chef du D.R.S., le clan Bouteflika prépara  deux futurs  successeurs pour  protéger  ses  arrières, en  l’occurrence le  général Abdelghani Hamel chef de la sûreté nationale – auquel l’Etat-major fera barrage, grâce à  l’affaire de la cocaïne qui lui  avait aussi permis  de  liquider  des  généraux  membres   du  clan  de  l’ex-chef  du  D.R.S. (Saïd Bey  et  Habib Chentouf)  emprisonnés  au  début  et  libérés  par  la présidence  (Saïd  Bouteflika) en  2018  – et   Chakib Khelil  innocenté,  entamant   une  précampagne  à   travers   les  zaouïas, base  d’appuis  du   clan. L’Etat  profond   avait   gardé  une  grande  influence,  comme   on   l’a   montré   et préparait dès cette année son candidat potentiel, le général Ali Guédiri.

89- Le caractère contradictoire du mouvement de masse s’affirmera avec son évolution  d’une  phase  à  une  autre  et l’aiguisement de la confrontation et de la lutte de classe qui a un contenu anti-néocolonialiste dans le cas de  l’Algérie dans cette étape historique.

90- Cette  question demeure fondamentale – Capitalisme ou Socialisme – pour l’avenir de notre peuple. Le choix  de la perspective socialiste, clairement proclamée par le chahid Mohammed Larbi Ben M’hidi avant la tenue du congrès de la Soummam, et qui sera consacrée par la  Charte  de  Tripoli, celle  d’Alger,  ensuite  la  Charte  Nationale est  le  seul conforme aux aspirations de la majorité de notre peuple, des sacrifices de milliers de  martyr(e)s et de militant(e)s de toutes les générations. La justice sociale ne peut être concrétisée que dans ce cadre. A l’échelle mondiale, l’humanité vivant la  crise sanitaire du coronavirus, se rend compte de la supériorité du  système  socialiste, dans  l’intérêt  de  la majorité des habitant(e)s de la planète.  L’Etat-National algérien  ne  peut  survivre, se  développer  et  se  pérenniser que dans la perspective du socialisme. Le bilan global, de toute la période de l’indépendance, démontre  ce  choix. La voie capitaliste, suivie progressivement depuis 1981, ne mènera  qu’à la  dislocation de l’Algérie, en  plusieurs entités disparates, au  profit  des  forces  impérialo-sionistes et  réactionnaires. Il  n’y a  pas  lieu d’opposer le  socialisme à la religion  musulmane ( tactique  de  la  droite  réactionnaire ), fidèlement  aux  traditions  de  luttes  des  communistes algériens, depuis le PCA (et même avant) et le PAGS jusqu’à aujourd’hui.

91- J’avais dénoncé dans une lettre de  protestation  – dont je préserve le texte – au  chef  du  gouvernement  en  avril 2003, le harcèlement policier de la police politique parallèle du clan Bouteflika que  j’ai  vécu  après  la  manifestation populaire d’Oran  contre  l’invasion de  l’Irak  par  l’armée  américaine et  ses  alliés de  l’O.T.A.N.. J’ai  même  déposé plainte contre son segment illégal dirigé par le directeur de la sûreté d’Oran  M. Mokrani (homme de main de  feu Ali Tounsi) qui sera sacrifié après l’assassinat de  son mentor. Sans  rentrer  dans  le  détail  d’un  drame  personnel  vécu pendant  plus  d’un  mois, où  j’étais  contraint  de  rentrer  en  clandestinité, dans  la  course  poursuite, je  me  sauvai souvent chez l’A.N.P. avec l’aide d’amis (chef du secteur militaire, commandant de la gendarmerie, caserne des forces spéciales, régional de la sécurité…) qui m’avait aidé contre ce réseau en me protégeant, selon les  situations où  je me trouvais pour desserrer l’étau autour de moi, sauver ma peau d’une tentative de liquidation et m’enfuir vers des lieux d’hébergement d’amis… J’ai fait le maximum de tapage par téléphone (il n’y avait à l’époque ni portable, ni internet). J’avais le statut officiel de cadre de la culture, syndicaliste d’artistes  et  de  membre  de  la  commission de  l’O.N.D.A. d’Oran. Depuis cet événement, j’ai écopé une maladie, mais j’avais résisté comme je l’ai fait dans  la  terrible  période du terrorisme à Oran  au Palais de la Culture, au  moment  où  notre  milieu  était  la  cible  privilégiée  de  l’intégrisme islamiste. On  s’était  opposé,  depuis   le  1er  mandat,  au  candidat Abdelaziz Bouteflika, publiquement. Cette  affaire s’expliquera à postériori par le fait que  la  préparation  du  second  mandat  avait  commencé  secrètement, avec des tiraillements au sommet, et qu’on avait été pris dans un engrenage des luttes  intestines  autour  de  cette  échéance.  Ce phénomène des polices politiques parallèles proliféra autour des différents pôles du pouvoir.

92- Comment  prétendre   lutter  pour  ‘’ le  recouvrement  de  la  souveraineté  populaire ’’  en  voulant  imposer  un triumvirat qui préparera les élections présidentielles après une phase de transition ? La souveraineté populaire était bafouée par l’Etat profond qui domina depuis longtemps y compris l’A.N.P. jusqu’en 2014. L’expérience du H.C.E. et des élections présidentielles de 1995 qui étaient relativement conformes à la souveraineté  populaire, en  hissant  le ministre de la défense, devenu  chef d’Etat  Liamine Zeroual  principalement,  grâce à  la  lutte  contre  le  terrorisme intégriste, démontre  que c’était le D.R.S. qui poussa le président  à  écourter  son  mandat, se  voyant  à  la  fin  sans véritable pouvoir réel.

93- La revendication du nouvel  ordre  économique  international, par  le  regretté  président  Houari  Boumediene  au  nom des pays non-alignés, dans le contexte de l’époque, doit ressurgir et être mieux adaptée au contexte actuel de la mondialisation impérialiste, de plus en plus multipolaire, où la Chine  supplante  progressivement  les  U.S.A.  en  tant que première puissance mondiale. Cette évolution, à laquelle résiste férocement  l’impérialisme américain, ouvre  de nouvelles perspectives, pour refonder toutes les institutions mondiales (économiques et financières, politiques…).

94- La  question   syndicale elle  aussi  mérite  réflexion  à  l’occasion  de  cet  événement pour  déterminer  une   juste  orientation. La  tentative  de réappropriation de l’U.G.T.A., malgré toutes  les  tentatives  du  passé, est  une  impasse sans  issue. Il  s’agit  d’ouvrir  un  débat  national  sur  le  sujet,  pour  évaluer  toutes  les  expériences,  y  compris  du  pluralisme syndical de façade. C’est dans les luttes concrètes qu’émergeront les meilleures formes d’organisation… 94bis- Aujourd’hui l’avant-garde politique communiste n’arrive toujours  pas à s’unir dans un  même  cadre  organique, alors qu’elle demeure très réduite numériquement. Ce qui nuit à son action, à son influence et à  son  avenir  et  celui  de  l’ensemble  des  travailleurs  et  des  masses  laborieuses. La  jeune  génération  actuelle  est  désorientée  par  cet  éparpillement   injuste  et   injustifié  à   ses  propres  yeux.  Elle  l’est   encore  plus,  par  la  perspective   de  la  social-démocratie (dont le trotskisme) dont il faut combattre fermement l’opportunisme  au  sein  du  mouvement   ouvrier algérien. La  force des communistes algériens  réside dans leur unité  et  leur  liaison avec  la  classe laborieuse  sur  la base d’un programme et de statuts élaborés en commun et adoptés par un congrès national  qui  élira  une  direction  collégiale. C’est la  seule alternative  mobilisatrice possible qui  assurera la  reconstruction d’un parti  qui  préservera  son  autonomie  politique par rapport au pouvoir, à la bourgeoisie et à la petite bourgeoisie. Un  ultime  appel  a  été lancé, à  l’occasion  de  ce  1er mai  2020,   pour  l’unité  des  rangs  communistes algériens,  sur  des  bases  politiques            et de principes du marxisme-léninisme. Avant d’appeler les travailleurs à  s’unir, leur  avant-garde  le  doit  d’abord.

95- Dans la pure tradition trotskyste  de traitrise – dont les leaders s’accrochent aux fesses des  communistes, plagiant la théorie marxiste-léniniste et  s’attaquant à  eux  derrière leurs dos, se présentant  aux jeunes  ouvriers  et  à toutes les  autres  catégories, comme  de  vrais  révolutionnaires,  en  les  déroutant  par  leur  phraséologie  ultra-radicale et antistalinienne – le « Hirak » a été une bonne épreuve qui permet de démasquer  cet adversaire déguisé  sur lequel la bourgeoisie compte beaucoup pour assoir sa  domination, comme le prouve l’expérience du P.T. et de  sa  passionaria Louisa Hanoune, depuis Saint Egidio  jusqu’au flirt  avec  le  pouvoir Toufiko-Bouteflikien, dans  ses  manigances. Leur alliance est une continuation de  la tradition du  couple  historique  Messalisme-Lambertisme, dans  la  mesure  où  le bouteflikisme est une tendance néo-messaliste, de l’intérieur même du F.L.N., qui constituait un front large, avant de devenir un appareil et  courroie de  transmission  du  pouvoir, après  l’échec  d’en  faire  un  parti  d’avant-garde avec    la fusion du P.C.A. et de son aile gauche, en s’inspirant de l’expérience cubaine  en 1964. Louisa  Hanoune  incarcérée bénéficia d’une solidarité particulière en France à travers  une action (pétition) animée  discrètement   par  Benjamin Stora. Alors que Hocine (ou Patrick) Belalloufi voit  ses  écrits  journalistiques superficiels  largement  médiatisés  par    les sites de la 4éme internationale d’obédience trotskyste.

96-  Les éditions Delga ont traduit, au français, une série d’ouvrages de l’historien Grover Furr et d’autres  auteurs, sur des problématiques liées à l’histoire de l’U.R.S.S. Cet auteur a un site sur internet qui aborde aussi  ces  sujets. J’ai  eu l’occasion d’avoir un petit  échange avec lui  sur « le culte de la personnalité » et  le  komintern. Nous  avons  eu  aussi l’occasion  de  faire  circuler  certains  de  ses  livres,  comme « Khrouchtchev a menti », « Iejov contre  Staline », « Les massacres de Katyn »  en attendant d’autres … Il est nécessaire de trouver  une  maison  d’Edition qui  traduirait, à  la langue arabe, ces recherches basées sur des sources archivistiques de première main, et faire leur diffusion en Algérie pour faire connaitre les causes réelles de l’échec momentané, de l’expérience socialiste dans l’ex-U.R.S.S.

97- La fraternisation de Sadek Hadjeres, qui renoue avec le berbérisme  de  sa  jeunesse, avec  Larbi  Zitout  leader  du mouvement islamiste Rachad, a étonné certains anciens du P.A.G.S., alors qu’il suffit de voir  sur  son  site  Socialgerie pour   savoir  que  sa  position  n’est  pas  nouvelle. Déjà   qu’il   gênera   énormément    la  reconstruction   d’un  parti communiste  par  son  attitude  d’être   au-dessous  de  la mêlée, en  justifiant  la  politique  gorbatchévienne, comme l’avait fait aussi feu Hachemi Cherif tout en  radicalisant sa  position  vis-à-vis de  l’islamisme  politique  et  renonçant     au socialisme, en lui substituant le prétendu ‘’capitalisme moderne’’.

98- Le nouveau pouvoir a réussi, relativement,  à atténuer  les  pressions de l’Etat français sur  l’Algérie, en  changeant   son  l’ambassadeur en  Algérie, certainement  en  faisant des concessions pour  être reconnu. Comme  il  est  parvenu à  rétablir  le  lien  avec  la  Kabylie,  qui  échappa  à  tout  contrôle  pendant   les  présidentielles. La  réhabilitation  de l’oligarque Issad Rebrab – vénéré par tous – a  sans  doute  contribué  a  diminué  la  tension, en  plus  du  confinement sanitaire. Il a même été convié à  la  dernière  tripartite,  après  avoir été  reçu  par des  ministres…Les  travailleurs en Kabylie se rendent comptent, avec le licenciement  des  syndicalistes, que  le  vrai  clivage  n’est  pas  identitaire, mais d’intérêt de classe. Il y’a la reprise d’un  «Hirak» sporadique dans certains  lieux  en  Kabylie et parmi la diaspora, fixé sur la revendication de la libération des détenus  ‘’d’opinions’’, comme  l’activiste Khaled Drareni  et  bien  d’autres… Plusieurs autres activistes virtuels se sont tus  depuis, définitivement, ou  ne  s’agitent  plus  comme  avant. Soient ils sont rentrés dans les rangs, suite à la distribution de  quelques  strapontins, ou ils  ont  perdu  définitivement  espoir,  à cause leur désunion…lâchés par  l’Etat néocolonial. Arab Izzarouken – qui  avait  d’abord  muté  en  social-démocrate ensuite en social-libéral, en travaillant pour le compte de l’Union Européenne  à Oran  et Alger – s’est  illustré  dans  la 1ère phase du «Hirak» en adhérant au staff du candidat de l’Etat profond, Ali Guediri, et adressant une  lettre ouverte, à ses anciens camarades (entendre du PAGS) et ami(e)s pour le soutenir. Après les déboires vécus par le candidat, son parrain (Toufik) et son financier (Issad Rebrab), il redoublera de férocité, dans la seconde phase du « Hirak », en  vain, pour saborder le scrutin. Dans la 3ème et dernière  phase du «Hirak», il se coalisera sur le terrain avec les éléments  de Rachad, lui qui  se faisait passé pour un  anti-islamiste acharné, pour  enfin  se  calmer un peu  après  la  réhabilitation d’Issad  Rebrab  et  les  bruits  qui  courent  sur  le  statut donné à l’ex-patron du D.R.S. ! Son  influence est  efficace et  néfaste sur des anciens du PAGS qui le trouvent généreux (avec l’argent qu’il gagne et distribue), alors que cela prend une  forme de corruption,  pour les emmener au fond, à adopter ses positions politiques. – Ahmed Bensaâda s’attaqua, cet été, à certains ténors du «Hirak», mais se trompent  sur deux aspects : Lorsqu’il  ne met pas en relief le rôle de l’ingérence de  l’Etat  néocolonial français  prépondérant  par  rapport  à  celui  du  N.E.D., Otpor et autres officines derrière les révolutions colorées, et  appuyant la relève  de  la 3ème force néocoloniale. Aussi se trompe-t-il sur le cas de Zoubida Assoul, en la classant parmi les O.N.Gisées, alors qu’elle est d’abord une auxiliaire de l’ex-D.R.S., et à ce titre elle se retrouva dans les O.N.G. citées, comme elle passa  du mouvement de la Mouwatana et de présidente d’un parti, au staff du candidat Ali Ghédiri de l’Etat profond. L’attaque subie par  K. Cheikh, l’éditeur du livre, ne peut provenir que de ces réseaux.

99- L’orientation de la politique socio-économique social-libérale du pouvoir se confirme avec la tripartite, alors  qu’il continue la lutte contre la corruption, à travers  tous  les  procès  des  affaires de l’ancien régime de Bouteflika, que le ‘’Mendjel’’ (faucille) du défunt Ahmed Gaïd Salah avait fauché lors de la 1ère phase du « Hirak », et  la  lutte  contre la tendance mafieuse au sein des rouages de l’Etat, et des rangs  des  fractions de la  bourgeoisie. Le  nouveau président tente d’unir l’ensemble de la bourgeoisie algérienne autour de son pouvoir pour élargir sa base sociale. Les  mesures préconisées vont approfondir la voie capitaliste dans les limites d’une économie de traite néocoloniale, qui aura des conséquences catastrophiques pour les travailleurs et le pays. Il  faut combattre  cette orientation socio-économique fermement et l’infléchir dans un sens anti-néocolonial, édifiant une économie dominée  par le  secteur  public. Notre consigne de vote, lors du prochain référendum du 1ère novembre sur la constitution, ne peut être qu’identique à  celle du scrutin présidentiel, c’est-à-dire un bulletin nul, dans le souci de préserver l’Etat-National.                                                                                                                                                                                                                       100- Voir  la  déclaration  du  30 juillet 2020  de la « célébration de la 80éme année du  martyre  de  Kaddour Belkaïm   1er secrétaire du PCA mort en détention du typhus », d’un Groupe de Communistes Algériens sur le  blog internet de Mohamed Bouhamidi, le site raïna-dz, les pages facebook de Hamid Ould Hocine, Abdelatif Rebah, Larbi Oucherif et Fateh Agrane (lien).

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